Enjeux

Chez Bourdin, l’insertion après la prison

Mots clés : Établissements pénitentiaires et judiciaires - Peinture - PME

Dans le Rhône, la PME de peinture compte 14 % d’anciens détenus parmi ses salariés.

«Nous voulions porter un autre projet que celui de peindre des cloisons. » Derrière ce préambule sobre, Nicole Berger, vice-présidente du conseil de surveillance de Bourdin Peinture et Plâtrerie, à Vernaison (Rhône), affiche un engagement de longue date dans l’insertion d’anciens détenus : les probationnaires ou ceux n’ayant pas répondu à leur obligation de recherche d’emploi. Ils lui sont adressés par le Groupement pour l’emploi des probationnaires (Grep), une association imaginée il y a juste trente ans par les services lyonnais de la justice mais administrée par des entrepreneurs. Son rôle : accompagner vers l’emploi les détenus, avant leur libération pour certains. Et les résultats sont au rendez-vous : 50 % de mise à l’emploi directe et un taux de récidive de 7 %, contre 60 % en moyenne dans les cinq mois suivant une sortie sans préparation.

« Depuis 2000, nous avons reçu 120 anciens détenus dans l’entreprise, soit en stage, soit en mission via Grep Intérim », explique Nicole Berger. A la fin octobre 2016, Bourdin comptait ainsi 4 500 heures auprès de cette structure d’intérim liée au Grep, dont elle est l’un des premiers partenaires. Dans certains cas, des retards répétés et un manque visible de motivation prouvent que l’accompagnement doit être poursuivi.

48 salariés 8 M€ de CA en 2015 144 ans d’existence

Des règles à faire respecter. Mais Bourdin trouve aussi là un vivier de nouvelles recrues lorsqu’elle en a besoin : « Comme Grep Intérim est une entreprise de travail temporaire d’insertion, nous pouvons garder une même personne pendant deux ans, poursuit-elle. Cela permet de la tester. Nous en avons ainsi embauché sept en CDI, soit plus de 14 % de notre effectif permanent. » L’entreprise a mis en place un accompagnement spécifique assuré par six tuteurs référents dont celui qui fut, en 2000, le premier de ces probationnaires embauchés. « Nous n’avons pas plus d’ennuis avec ces salariés qu’avec les autres, assure la dirigeante. Il faut juste être plus sévère sur les règles, la ponctualité, etc. Il ne faut pas jouer au béni-oui-oui pour instaurer un rapport de confiance. » Pour que les membres de l’encadrement et les employées administratives qui gèrent les liens avec le Grep comprennent l’histoire de ces ex-détenus, Nicole Berger leur fait visiter une prison. Entrepreneur membre du groupement, elle en est aussi la meilleure ambassadrice lorsqu’elle tente de convaincre d’autres dirigeants de suivre sa voie. « Nous avons toujours intégré ces personnes par humanisme, explique-t-elle. Si nous, entrepreneurs, ne leur donnons pas leur chance, je ne sais pas qui le fera. » Aujourd’hui, la PME trouve également un autre intérêt à cet engagement : « Notre expérience nous permet de bien répondre aux exigences des clauses d’insertion qui sont présentes dans certains appels d’offres, commente la dirigeante. Nous mettons en avant nos relations avec le Grep et cela nous est favorable. »

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