[TO] Règles techniques Ouvrage d’art

Check-up des haubans par réflectométrie ultrasonore

Le phénomène de corrosion active des câbles de haubans, qui impacte essentiellement les ouvrages anciens injectés au coulis de ciment, est un problème qui peut, dans certains cas extrêmes, conduire à des ruptures, à l’instar du pont britannique en béton précontraint d’Ynys-y-Gwas. Avec les conséquences qu’on imagine à la fois sur la structure elle-même mais aussi en termes de sécurité pour les usagers. Pour prévenir ces aléas, « il existe quelques techniques d’auscultation électromagnétiques pour les longueurs libres de haubans, explique Gilles Hovhanessian, directeur général d’Advitam. Mais les parties inaccessibles que constituent les têtes d’ancrage sont difficiles à inspecter, sauf à implanter un dispositif très coûteux de surveillance acoustique sur l’ensemble de l’ouvrage ». Pour y remédier, Advitam a développé le système Uscan en collaboration avec l’Ifsttar (1), qui permet de détecter et de localiser d’éventuelles ruptures de fils, y compris dans les têtes d’ancrage.

Une solution extrapolable aux câbles de précontrainte

Cette solution non destructive consiste à ausculter chaque fil de toron en intervenant à partir de l’extrémité, accessible, du hauban. Après préparation des bouts de torons pour assurer un contact parfait entre chaque fil et l’émetteur-récepteur, un signal ultrasonore est envoyé. En cas de défaut, un écho de l’onde propagée est généré. « Il a fallu environ trois années de développement pour réussir à résoudre les problèmes de réflexion complexes et les facteurs d’influence, avant de passer à la phase industrielle. » Cet outil de détection précoce et de maintenance préventive, rapide et précis, a, par ailleurs, été validé sur des bancs d’essais. « Trois projets pilotes avec campagnes d’essais ont été menés, dont un en France sur le pont de Normandie », révèle Gilles Hovhanessian. Le traitement des données se déroule en différé, à partir des mesures collectées sur le terrain. Le rapport émis contient la classification des fils évalués et, le cas échéant, la localisation des défauts détectés. « Chaque campagne nécessitant un grand nombre de mesures, nous travaillons actuellement à intégrer ces données dans notre logiciel de gestion d’ouvrage afin qu’elles soient toutes géoréférencées et disponibles sur un portail Internet, aisément accessible par le client. » Une organisation qui permettra par ailleurs de faciliter le suivi et l’identification lors de futures campagnes d’auscultation. A noter que cette solution d’investigation non destructive peut être appliquée sur les câbles de précontrainte, mais pas encore sur les tirants d’ancrage. « Les fils sont en effet très souvent de plus petits diamètres et nous ne sommes pas encore parvenus à miniaturiser suffisamment le capteur », explique Gilles Hovhanessian. Un écueil technologique que les progrès rapides de l’électronique pourraient rapidement surmonter. A suivre.

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(1) Institut français des sciences et technologies des transports de l’aménagement et des réseaux.

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