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Charier veut être encore là dans cent ans

Mots clés : Travaux publics

Le groupe indépendant de travaux publics a redéfini sa stratégie pour pérenniser l’entreprise créée il y a 119 ans.

«Que faire dans les dix prochaines années pour être encore là dans cent ans ? » C’est la feuille de route donnée par la famille Charier à Paul Bazireau, président du directoire depuis janvier 2013. Car la crise dans les TP n’épargne personne. Charier a ainsi vu son activité baisser de 3 % en 2014 et de 12 % en 2015. « Nous avons lancé une réflexion stratégique en 2014 pour faire face à la crise même si nos résultats étaient satisfaisants », explique le dirigeant. Après neuf mois de réflexion, une nouvelle stratégie, recentrée sur les cœurs de métier, s’est dessinée. « Nous avons dressé le constat que nous étions résilients et compétitifs sur les territoires où nous avions une agence TP, une carrière, un centre de déchets et une centrale d’enrobés. » De La Rochelle à Granville, le groupe envisage de se développer sur ces métiers par croissance externe et en faisant « tache d’huile », en fonction des opportunités. C’est ainsi que, début février, il a racheté une agence TP et une carrière en Vendée au groupe Merceron. A l’inverse, le groupe a cédé, début 2015, l’intégralité de son service transport à un spécialiste, la société Judic.

Le groupe met également de l’ordre dans ses autres métiers, comme les déchets (7 % de l’activité). L’activité « déchets inertes », en fort développement depuis trois ans, est confortée et des développements sont en cours en Loire-Atlantique et dans le Morbihan. En revanche, Charier envisage de se séparer de son activité « déchets industriels banals » qui représente 14 millions d’euros de chiffres d’affaires et emploie 45 salariés.
Le groupe, qui compte parmi les derniers survivants des grands terrassiers français, se positionne sur les rares chantiers d’envergure, comme le canal Seine-Nord Europe, et mise beaucoup sur la déconstruction. Surfant sur des « courants porteurs favorables » – les restructurations de friches urbaines -, Charier souhaite « doubler cette activité dans les cinq prochaines années ». Pas d’objectif chiffré en revanche pour le pôle génie civil et travaux spéciaux (maritimes et fluviaux), mais le groupe s’autorise à chercher des affaires à l’export. « Nous privilégions la piste de chantiers en Afrique francophone. Avoir des filiales à l’étranger n’est pas notre objectif », précise Paul Bazireau.
Enfin, pour conserver un niveau de résultat « très convenable », Charier mise sur deux leviers. La compétitivité, grâce à la généralisation d’une méthode d’amélioration continue de type lean, expérimentée avec succès dans les pôles génie civil et granulats. Et l’innovation. Le groupe, qui dispose déjà de brevets prometteurs, comme le bitume armé routier ou les fibres de chanvre en sous-couches routières (Satis), travaille par exemple sur une nouvelle offre d’enrobé chauffant pour les exploitations agricoles. Charier va aussi lancer cette année un prix de l’innovation pour tous les salariés.

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218,6 millions d’euros de CA
1 262 salariés
41 filiales ou agences, 13 carrières, 37 sites degestion de déchets inertes

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