Territoires Strasbourg

Chantiers d’exception pour le palais de justice

Mots clés : Établissements pénitentiaires et judiciaires

Trois chantiers en un : la réhabilitation du palais de justice de Strasbourg voit la réalisation simultanée de travaux de construction neuve, de rénovation et de restauration des éléments inscrits à l’inventaire du patrimoine historique. Si l’on y ajoute les contraintes d’espace – le parvis est réservé aux 5 000 m² du tribunal provisoire, et un seul accès véhicules a pu être créé – on mesure les défis d’organisation de ce projet atypique. Le chantier de 28,3 millions d’euros conduit par le groupement Eiffage Construction (mandataire), Spie Batignolles, Clemessy et Eiffage Energie a démarré à l’été 2014 par une phase de curage et démolition. « Une attention particulière a été portée à la qualité environnementale avec la mise en place d’une charte faibles nuisances (acoustique, déchets, poussières) et une sensibilisation poussée des sous-traitants », indique le directeur des travaux Jérôme Riebel (Spie Batignolles est). La toiture et le troisième étage, ajouté dans les années 1970, ont été détruits, de même que plusieurs zones attenantes au patio d’origine. Dans les salles d’audience, les éléments classés (notamment les boiseries) ont été déposés et inventoriés avant d’être stockés par l’Agence publique pour l’immobilier de la justice, maître d’ouvrage, pour une éventuelle réutilisation.

Un tribunal aux standards du XXIe siècle

Le gros œuvre a débuté en octobre par la construction de zones fonctionnelles en sous-sol (parking, accueil des détenus, locaux techniques), et se poursuit avec la création d’une zone centrale de 6 000 m² permettant d’augmenter les surfaces utiles, sans accroître l’emprise au sol. Un nouveau patio doit voir le jour, désormais accolé à la salle des pas perdus pour y augmenter l’apport de lumière naturelle. Ce patio sera aussi un espace de circulation pour le public, distinct des voies d’accès des détenus et des personnels de justice, dans une logique d’optimisation des flux. La réhabilitation concerne 12 300 m² et doit permettre la mise aux normes incendie et accessibilité, ainsi que la modernisation des réseaux et l’ajout de cages d’escalier aux quatre angles de l’édifice. Dans les trois niveaux préservés, le bâtiment a été mis à nu, les passages des gaines ouverts et les éléments de valeur (parquets, menuiseries) protégés avant les travaux de réaménagement. Un quatrième niveau est en voie d’être récréé, placé 2 m en retrait pour ne pas parasiter les façades historiques. Il sera coiffé d’une charpente métallique inclinée, elle-même parée d’Inox. Véritable signature de l’architecte mandataire Jordi Garcés, cette toiture contemporaine a nécessité six mois de mise au point par la société BCM. « Pour gérer le dimensionnement des locaux techniques aux différents niveaux, nous avons eu recours à une modélisation 3D en phase exé », rapporte le directeur du projet Olivier Weber (Eiffage Construction Alsace). Modernité et patrimoine s’harmonisent, mais ne se confondent pas : les façades XIXe siècle seront totalement nettoyées et rénovées, à l’exception des impacts de balles et d’obus de la Seconde guerre mondiale, maintenus pour la mémoire.

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