Territoires Savoie

Chantier à 320 000 volts entre la France et l’Italie

Les travaux de construction de la ligne souterraine Savoie-Piémont ont repris après la pause hivernale. L’objectif de cette deuxième campagne est de dérouler 24 km de câbles sur la RD1006 et sur le réseau autoroutier de la Société française du tunnel routier du Fréjus, en basse Maurienne. Les travaux s’effectuent pour l’essentiel sur la bande d’arrêt d’urgence entre les tunnels d’Aiguebelle et des Hurtières puis jusqu’à Saint-Pierre-de-Belleville. La construction de la station de conversion de Grande-Ile va également être lancée. Elle a été confiée à Alstom dont le pôle énergie a, depuis, été racheté par General Electric. « Le courant continu transporté devra être transformé en courant alternatif avant d’être injecté dans les réseaux français et italien. C’est la raison d’être des deux stations de conversion situées aux extrémités de l’interconnexion », précise Frédéric Dohet, délégué régional de RTE.

La plus longue ligne souterraine au monde.

La réalisation de la ligne a été confiée au groupe Prysmian, chef de file d’un consortium de sociétés pour le génie civil et l’installation : Roda Spa et Cebat côté italien ; Gauthey, Serpollet et Sobeca côté français. Elle mobilise environ 200 personnes par jour qui décapent les enrobés puis les ouvrent sur 70 cm de large et 1,25 m de profondeur. Quatre fourreaux de polyéthylène sont ensuite attachés entre eux puis déposés au fond des tranchées. Une fois les câbles déroulés dans les fourreaux, la tranchée est remblayée et la chaussée remise en état. Avec ses 190 km, l’interconnexion est la plus longue ligne souterraine au monde mais le défi technologique de sa réalisation est aussi lié à sa puissance (1 200 MW), son niveau de tension (320 000 volts) et à son insertion complète dans des infrastructures (routes, autoroutes, tunnels) existantes. Pour limiter la consommation de foncier, la ligne emprunte pour la première fois le domaine public autoroutier concédé, ce qui a exigé de faire évoluer, en décembre 2011, le Code de la voirie. Cette situation inédite a des incidences sur l’organisation des travaux qui se déroulent dans des environnements très contraints, à proximité immédiate des flux de véhicules. « Les chantiers ont été très sérieusement préparés, en particulier sous l’angle de la sécurité. Les dispositions mises en œuvre la première année durant laquelle 12 km de fourreaux ont été déposés ont fait leur preuve et sont donc reconduites », poursuit Frédéric Dohet. Le projet d’interconnexion représente un investissement de 1 milliard d’euros cofinancé à part égale par RTE et Terma, son homologue italien, gestionnaires des réseaux électriques. Initié en 2007 par les deux gouvernements, il devrait s’achever en 2019 après quatre ans de travaux. L’objectif est d’accroître de 60 % la capacité d’échange entre la France et l’Italie et de progresser dans la réalisation du réseau électrique européen.

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