architecture Paris

Chaillot change de décors

Mots clés : Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Menés tambour battant sous le théâtre national de la danse, les travaux de restructuration touchent à leur fin.

Depuis juillet 2014, les planchers du théâtre national de Chaillot (Paris XVIe ) vibrent au rythme des travaux. Le parvis bas (constitué de l’esplanade Joseph-Wresinski et des escaliers monumentaux), ainsi que les espaces et les circulations intérieurs du théâtre font l’objet d’une restauration de grande ampleur. Deux opérations intimement liées, aujourd’hui quasiment achevées, qui modernisent cet équipement culturel et améliorent son accessibilité et sa fonctionnalité. Créé en 1878 pour l’Exposition universelle par Davioud, puis transformé en 1937 par Carlu, ce bâtiment situé face à la tour Eiffel n’avait connu que deux campagnes de travaux dans les années 1960 et 1970. Cette troisième est radicale : il ne s’agit pas d’une simple restauration mais d’une restructuration. Les circulations extérieures et intérieures ont été repensées.

400 t d’amiante retirées.

Travaux d’exception. Depuis trois ans, plusieurs phases de travaux se sont succédé : démolition de la dalle de couverture, désamiantage, puis terrassement, éventrant complètement une partie de Chaillot. Cette phase était la plus sensible : un puits de 55 m2 a été creusé entre les fondations du palais en béton armé et le bâtiment en maçonnerie et pierre de taille en roche calcaire. Un jeu de 10 mm était autorisé, mais, dans les faits, les décalages n’ont pas dépassé 6 mm. « Nous sommes descendus via une mini-pelle équipée de brise-roche hydraulique sous 17 m selon la méthode des voiles par passes alternées soutenus par des butons métalliques. Ces voiles ont été placés au fur et à mesure de l’avancement afin de retenir toutes les charges et les poussées des fondations du pavillon de tête », indique Fabien Loiseau, directeur de travaux pour Léon Grosse en charge du gros œuvre. A partir du puits, un monte-décors a été créé, ainsi que deux tunnels de 45 m et 23 m de long qui relient les deux salles de spectacle. La circulation au sein du théâtre retrouve ainsi tout son sens. « Une logique d’ensemble, où les techniciens peuvent déplacer les décors d’une salle à l’autre et où les visiteurs peuvent désormais déambuler dans la salle des quatre colonnes et découvrir les trésors de la peinture nabi », assure le directeur de travaux.

2 730 m3 de béton, dont 500 m3 pour le puits et les tunnels.

Une boîte noire pour la salle Gémier. La salle Gémier, seconde salle de spectacle du théâtre après Jean-Vilar, a été complètement détruite et allongée de 6 m. Elle a été pensée comme une boîte dans une boîte pour des raisons acoustiques. La première, extérieure et réalisée avec des prémurs de 25 cm d’épaisseur et 10 m de hauteur, en accueille une seconde, montée elle aussi avec des prémurs de 20 cm. Le vide entre les deux voiles comporte 10 cm de laine de roche. L’ensemble est liaisonné avec des attaches acoustiques. Des poutres transversales de 1,50 m de hauteur sur 50 cm d’épaisseur et 18 m de portée surmontent la première boîte et sont recouvertes de prédalles alvéolaires. Les charges sont très importantes (1,985 t/m2 ) : les poutres supportent un complexe d’étanchéité, les pierres de l’esplanade, les charges d’exploitation du public sur le parvis, un plafond technique entièrement grillagé équipé de tous les outils de levage et un plafond acoustique. Ce dernier est composé de 200 mm de laine de verre, deux BA 18, une membrane viscoélastique, un BA 13 et un Fibraroc de 35 mm. Cette « black box » est à l’heure actuelle parée de ses plus beaux atours pour accueillir 390 spectateurs.

2 800 m2 de prémurs.

A l’extérieur, la rénovation à l’identique du parvis et des escaliers est presque terminée. La rampe d’accès, côté avenue du Président-Wilson, est en cours d’achèvement. Les terrasses et les escaliers descendant vers la Seine sont désormais rouverts au plus grand bonheur des touristes. D’autres travaux sont annoncés, comme la restauration de la salle Jean-Vilar, qui intègre une salle de répétition sous les gradins et la rénovation du parvis bas. L’ouverture au public est prévue le 14 septembre à l’occasion des journées du Patrimoine. « Ce chantier exceptionnel dans un site d’exception, avec de grosses contraintes techniques, a permis de réveiller cette belle endormie », conclut l’architecte Vincent Brossy.

5 000 m3 de calcaire évacués. 4 500 m3 de gravats extraits pour la salle Gémier et 1 000 m3 pour les tunnels.

Maîtrise d’ouvrage : ministère de la Culture et de la Communication. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Oppic. Maîtrise d’œuvre (théâtre) : Brossy & Associés (architectes), Changement à vue Michel Fayet (scénographe), Alternative (acoustique et éclairage), SAS Mizrahi (bureau d’études). Entreprise de gros œuvre : Léon Grosse. Durée des travaux : de juillet 2014 à juin 2017. Budget : 21,5 millions d’euros TDC pour le théâtre et 6,5 millions d’euros TDC pour le parvis.

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