Territoires Grand Ouest

Ces maires séduits par la régie communale

Mots clés : Etat et collectivités locales

Vitré (Ille-et-Vilaine), Saint-Lambert-la-Potherie (Maine-et-Loire), Boussay (Loire-Atlantique) : ces communes ont un point commun. Leurs maires ont décidé de gérer par eux‑mêmes leurs opérations d’aménagement. S’ils s’adjoignent les services d’une AMO, ils refusent, en revanche, de travailler avec les SEM locales ou départementales. Ces élus mettent en avant les économies réalisées sur les marges d’environ 20 % appliquées par les aménageurs privés, qui leur permettent de réduire les coûts de sortie des terrains et des logements. Tout l’enjeu, pour ces communes, consiste à adapter les prix immobiliers aux capacités financières de la population, pour maintenir cette dernière, mais aussi attirer des jeunes et des familles. « Cela permet de faire des opérations à prix coûtant et de meilleure qualité », argue Gérard Esnault, maire de Boussay. Habitué à gérer seul ses petits lotissements, il compte mener à bien la ZAC de l’Ardillais, une opération de près de 200 logements.

« Permettre à tout le monde de se loger. »

« Opter pour la maîtrise d’ouvrage communale est indispensable pour avoir des prix compétitifs et permettre à tout le monde de se loger », renchérit Jean-Pierre Lebry, adjoint en charge du foncier, de l’environnement et des travaux de Vitré, qui va réaliser en régie l’importante ZAC des Ormeaux, comprenant 600 logements, dont près de 60 % de sociaux (locatif et accession) et 45 % de collectifs et individuels groupés.
Le maire de Saint‑Lambert-la-Potherie, Pierre Vernot, assure, de son côté, que si sa commune n’avait pas géré la ZAC de la Grande Rangée (120 logements, dont la moitié de sociaux) de sa conception à sa commercialisation, elle aurait été invendable, « car les prix des lots libres – de 114 euros à 138 euros le m2 – auraient été 25 % plus chers ». Mais en plus des économies sur les frais financiers et de commercialisation, ces élus locaux arguent qu’ainsi, ils maîtrisent mieux l’urbanisme de leur commune et la cohérence des projets, les opérateurs privés privilégiant « le court terme ». La régie assurerait aussi une « meilleure régulation de l’offre de logements en fonction des besoins du marché », ajoute Jean‑Pierre Lebry. Mais elle requiert toutefois de disposer, en interne, des compétences adaptées, tant en finances qu’en urbanisme, et nécessite parfois d’être subventionnée pour atteindre l’équilibre.
Si Gilles Gallichet, gérant de l’agence Siam Conseils, constate une montée en puissance de la maîtrise d’ouvrage communale depuis deux ans – du fait, notamment, de la crise économique, qui freinerait l’attirance des aménageurs privés – Pascale Poirot, présidente du Syndicat national des aménageurs lotisseurs (Snal), voit plutôt « une appétence croissante des communes pour la Société publique locale d’aménagement (Spla), car elles espèrent améliorer leur budget, avec la marge récupérée sur les opérations ».

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