Actu Spécial BATIMAT 2-6 novembre 2015

Ces innovations qui annoncent le renouveau de l’habitat

Mots clés : Innovations

E t si certains indicateurs se teintaient (enfin) de vert dans le bâtiment ? Le cabinet Xerfi l’annonçait cet été, « les carnets de commande des acteurs du gros œuvre vont s’étoffer progressivement, et plus encore en 2016 ». Le plan de relance de la construction présenté par le Gouvernement en août 2014 porterait enfin ses fruits pour les mises en chantier des logements. « Avec la loi “ Pinel ”, les taux de progression annoncés par les promoteurs sont de l’ordre de 20 % », confirme Éric Stievenard, directeur du marketing d’Alkern. Seulement voilà, des chiffres à la réalité, il y a encore un gouffre.

Digérer les réformes

Dans le gros œuvre, cet optimisme ne se traduit pas dans les carnets de commandes. Si certains renouent avec la stabilité, d’autres composent avec une commande publique en retrait, ou des prix à un niveau si bas qu’il serait difficile de revenir en arrière… « Nous devons rester optimistes quant à un redémarrage, mais la question est de savoir quand, soupire Éric Stievenard. Surtout, il ne faudrait pas que ce regain de confiance se retourne. »
D’autant que le gros œuvre doit digérer des réformes, dont le compte pénibilité, décrié, qui a mis en lumière la nécessaire amélioration des conditions de travail. « Ce sujet nous préoccupe en permanence. Il faut des qualités d’haltérophile quand on voit les produits que doivent soulever certains compagnons », décrit Michel Kratz, président d’Euromac 2, qui conçoit des blocs de coffrage hyperlégers. « De plus, ces solutions contribuent à une meilleure productivité sur le chantier. » Un autre axe de travail des acteurs du gros œuvre.
D’où des espoirs confirmés du côté des solutions préfabriquées ou des bétons prêts à l’emploi, où des gisements d’innovations se cachent encore. Le tout en composant avec les changements portés par la RT 2012, comme la gestion des ponts thermiques, « avec un fort développement pour les rupteurs thermiques de plancher », observe Éric Stievenard. L’étanchéité à l’air, l’autre corollaire de la RT 2012, « va de plus en plus s’imposer. Pour la première fois, le législateur a mis en place un verrouillage par le test d’infiltrométrie », ajoute le patron d’Euromac 2. Du coup, les industriels élaborent des solutions qui doivent combiner le maximum d’atouts : facilité de mise en œuvre, isolation thermique performante, étanchéité à l’air et isolation acoustique.

Le toit toujours à l’assaut de la façade

« Pour l’instant, le marché de la couverture s’inscrit dans la même tendance qu’en 2014, avec un recul de 9 % en volume au premier semestre », chiffre Olivier Lafore, directeur du marketing et de la communication chez Imerys Toiture. Le secteur veut donc « sortir la tête du toit », et mise aussi sur le triptyque rentabilité-innovation-produit plus sobre, avec l’inévitable RT 2012, qui apporte son lot d’évolutions. « Pour contribuer à l’apport d’énergies renouvelables dans l’habitat, nous proposons des installations solaires de plus en plus petites sous forme de packs à brancher directement sur le compteur électrique. » La tuile s’attaque également à un nouveau marché, « le bardage et l’isolation thermique par l’extérieur, afin d’assurer sa pérennité », reprend Olivier Lafore.
Il en va de même pour la végétalisation en toiture, avec de nouveaux débouchés dans les bâtiments intelligents. « C’est également en raison du contexte réglementaire qui pousse à l’économie de ressources », confie Caroline Lecarpentier, responsable du marketing opérationnel chez Le Prieuré végétal, concepteur d’un toit actif qui gère les eaux pluviales. Un toit qui peut même devenir… façade.
Chez Rheinzink, le virage est pris. « Notre produit traditionnel sur toit en pente en centre-ville se restreint au profit de la toiture plate. Nous nous orientons donc vers le bardage et la façade », souligne son directeur général, Thierry Bacci. Objectifs : apporter des produits techniques et répondre à une demande architecturale « pour de la couleur et de la personnalisation », où les concepteurs de bâtiment n’hésitent plus à marier les matériaux comme le bois, le zinc ou la tuile. Ce qui offre des débouchés pour tous.

L’enveloppe se fait étanche et pérenne

Cette toiture doit composer avec d’autres tendances. « Dans certaines régions, la toiture plate se développe pour des raisons architecturales, et parce que l’extension prend de l’ampleur. Elle s’accompagne aussi de végétalisation. Si le marché de...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 411 du 14/10/2015
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