Architecture Technique Nice

« Catherine » a creusé ses premières centaines de mètres

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Transport collectif urbain

Le tunnelier du tramway devrait atteindre son puits de sortie en février prochain.

A Nice, début juin, le tunnelier « Catherine », du groupement Thaumasia piloté par Bouygues TP, avait progressé de 280 m dans le sous-sol depuis sa mise en fonctionnement à la mi-mars à partir de son puits d’entrée rue Catherine-Ségurane, dans le quartier du port. Il s’apprêtait dans les jours suivants à passer, à 25 m de profondeur environ, sous le fleuve Paillon qui traverse la ville, un franchissement symbolique. Si tout va bien, il atteindra la rue de France et son puits de sortie à la mi-février 2017. Il aura ainsi réalisé un tunnel courbe de 3,2 km, l’ouvrage majeur de génie civil de la future ligne 2 Ouest-Est du tramway niçois (11,3 km) qui doit être mise en service en 2019 par la Métropole Nice Côte d’Azur, maître d’ouvrage.

Longtemps objet de débat à cause des risques inhérents à un ouvrage souterrain en milieu urbain et ceux liés à la nature du sous-sol niçois (alluvionnaire et fortement perméable), ce début de chantier respecte le scénario prévu avec un rythme moyen de creusement de 10 m par jour, grâce à un fonctionnement 24 heures sur 24 et 6 jours sur 7. « Pour opérer avec le maximum de sécurité, le tunnelier est à pression de boue avec une chambre d’abattage pressurisée pour assurer la stabilité de l’excavation à l’avancement. La sortie se fera également dans un puits rempli d’eau, pour équilibrer la pression », explique Raoul Fernandez, le patron du groupement Thaumasia.

Le bâti sous étroite surveillance.

Catherine, 80 m de long et une roue de coupe de 9,6 m de diamètre, est également dotée d’un érecteur de cintres lui permettant d’installer les voussoirs qui forment un anneau de voûte, la structure définitive du tunnel étant ainsi réalisée à chaque avancée du percement. Au total, ce ne sont pas moins de 1 820 voussoirs, d’un poids unitaire de 6 tonnes, qui vont former les parois en béton de l’ouvrage. Autre précaution prise : le franchissement des quatre stations souterraines, qui jalonnent le tracé du tunnel, se fait dans des terrains « pleins », non terrassés, en perçant les parois moulées de ces stations et en installant des voussoirs provisoires. S’ajoute une batterie de moyens de surveillance en surface (un réseau mobile de théodolites) pour observer en temps réel les tassements du bâti et ne pas dépasser les 10 mm prévus dans le marché. « En fonction des tassements enregistrés, nous modifions la vitesse de creusement et la pression d’injection. Pour l’heure, ceux-ci sont minimes, compris dans une fourchette de 1 à 4 mm », ajoute Raoul Fernandez.

En milieu urbain contraint, l’emploi d’un tunnelier à pression de boue a également imposé de dissocier les installations : sur le site très exigu de la rue Ségurane, sont regroupés, au-dessus du puits d’entrée, la fabrication du mortier, le traitement des eaux et le stockage des voussoirs. Sur les quais du port, a été implantée la centrale de traitement, qui reçoit par une conduite de marinage souterraine les déblais qui vont être triés, séparés de la boue et stockés. Avantage : grâce à un convoyeur, ces déblais sont chargés directement sur des bateaux et acheminés vers une plate-forme de recyclage, à Fos-sur-Mer. « Nous évacuons actuellement environ 2 300 tonnes toutes les 48 heures avec deux bateaux en rotation. C’est une solution qui permet d’éviter la circulation d’une centaine de camions par jour dans la ville », précise Didier Charrin, responsable du chantier du tunnel à la Métropole Nice Côte d’Azur. Les 400 000 tonnes de déblais du tunnel niçois devraient être valorisées pratiquement à 100 %, en remblais ou agrégats.

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ENCADRE

400 000 m 3 de déblais vont être acheminés jusqu’à Fos-sur-Mer pour être traités et valorisés.
100 camions par jour évités dans la ville grâce au transport des déblais par voie maritime.
10 mm de tassement maximum autorisé sur le bâti en surface.

ENCADRE

Maître d’ouvrage : Métropole Nice Côte d’Azur. Maître d’œuvre : Egis Rail (mandataire). Groupement d’entreprises : Bouygues TP avec Soletanche Bachy, CSM Bessac, Snaf et Colas Midi Méditerranée. Durée des travaux : 11 mois. Montant du marché : 271 millions d’euros HT.

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