Edito Coup de griffe

Castro, c’est trop…

Depuis « Banlieues 89 » et ses succès contrastés, le moins qu’on puisse dire c’est que Castro (Roland) est fidèle à ses marottes : le remodelage urbain, l’intensification des territoires, la restauration à marche forcée du lien social, la défense et l’illustration des valeurs républicaines, etc. Une telle constance dans les idées est suffisamment rare pour être louée. Quoique… Perseverare diabolicum et, sans doute qu’avec son projet de « Central Park », Roland a poussé la chanson un peu trop fort.

De quoi s’agit-il ? D’un projet de 24 000 logements qui empiéterait sur les 410 hectares du parc de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), amputant ainsi le « poumon vert » du département, classé Natura 2000, d’un quart de sa surface. Bigre ! De quoi faire glapir en meute Parti communiste, Europe Ecologie Les Verts, Front de Gauche et autre Nouveau Parti anticapitaliste, coalisés aux collectifs de riverains ulcérés par ce Castroland. D’autant que, s’il peut être séduisant sur le papier, le projet suscite une ire grandissante depuis que Manuel Valls, expert ès-rodomontades et passage en force, a évoqué l’idée d’une opération d’intérêt national (OIN) à ce sujet ; une disposition qui verrait l’Etat chiper aux communes leurs prérogatives de délivrance des permis de construire. On imagine aisément la fureur des édiles spoliés de leur pouvoir…
Et voilà notre Roland national bien dépité. Or, en matière de cosmétique urbaine, il faut savoir parfois couper les cheveux en quatre pour ne pas perdre la face. Aussi, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, s’est-il dit prêt à « repenser » l’aménagement des « franges » du parc en renvoyant poliment l’architecte à ses chères études : « Ce projet porté par Roland Castro est le projet de Roland Castro lui-même, c’est-à-dire une initiative privée, une contribution au débat public. Pas plus. » Fermez le ban !
Roland, souviens-toi de ce qu’aurait pu dire Marx (Karl, pas Groucho) à moins que ce ne soit Castro lui-même, enfin je veux dire Fidel : « On ne fait jamais le bonheur des gens contre leur gré »…

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