Enjeux

Cardonnet, un trentenaire pour une quinqua

Mots clés : Menuiseries

Créée en 1966, la menuiserie héraultaise officialise cette année une succession mûrement préparée.

Jeudi 15 septembre, la menuiserie Cardonnet, basée à Saint-Mathieu-de-Tréviers (Hérault), a fêté son demi-siècle en présence de 400 invités. L’occasion de montrer que cette quinquagénaire n’avait rien perdu de sa vitalité. L’occasion aussi d’officialiser le passage de témoin entre Thierry Ducros, 59 ans, gérant de l’entreprise et président de la FFB Hérault, et son filleul, Mathieu Pouy, 33 ans. C’est peu dire que cette transmission aura été longuement réfléchie. Tout a commencé en 2002. Cette année-là, après un bref passage sur les bancs de la faculté de médecine, Mathieu Pouy, 20 ans, vient frapper à la porte de la menuiserie, où il a déjà effectué des jobs d’été. « Je lui ai expliqué qu’il devait d’abord se constituer un bagage, raconte Thierry Ducros. Je voyais le monde du bâtiment évoluer. Face aux grands groupes peuplés de hordes d’ingénieurs, un chef d’entreprise, à quelque niveau qu’il soit, doit savoir se former. »

Triple formation. Le jeune homme va donc faire ses classes : DUT de génie civil à Nîmes, formation à la gestion en alternance, Ecole supérieure des jeunes dirigeants de la FFB. Au sein de l’entreprise, le futur patron touche à toutes les fonctions : travail en atelier, pose sur chantier, conduite de travaux. En 2010, il acquiert 25 % du capital et devient cogérant. La cession, réalisée par étapes, sera pleinement effective en 2019. « Aujourd’hui, Mathieu dirige l’entreprise sur le plan administratif et financier, précise Thierry Ducros. Moi, je m’occupe de la mise en relation commerciale. » Issu d’une famille de métalliers, Thierry Ducros a lui aussi été jeune repreneur d’une menuiserie. Il a alors 31 ans. Cinq ans plus tard, il est invité à prendre les rênes de Cardonnet, dont le dirigeant est décédé brutalement. Le jeune entrepreneur fusionne les deux affaires qu’il installe dans des locaux neufs, à Saint-Mathieu-de- Tréviers. Cardonnet, jusque-là vouée aux travaux pour les particuliers, s’oriente alors peu à peu vers les marchés publics.

Forte de 23 salariés et 3 M€ de CA, la menuiserie n’a pas vocation à grossir.

Trois pôles d’activité. Avec 23 salariés et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise repose aujourd’hui sur trois pôles : l’entretien de bâtiments, les marchés publics et le secteur médical. Elle vient ainsi d’équiper la nouvelle clinique Saint-Roch, à Montpellier. Un marché de plus de 2 millions d’euros. « Habitués à travailler en site occupé, nous préfabriquons beaucoup en atelier », indique Thierry Ducros. L’entreprise a ainsi investi récemment 170 000 euros dans un centre d’usinage numérique associé à un nouveau système d’aspiration. « Nous pouvons ainsi contrôler la qualité de nos productions, laisser libre cours à la créativité des architectes et protéger la santé des salariés », note Mathieu Pouy. Cardonnet, qui figure parmi les trois premières menuiseries indépendantes de l’Hérault, n’a pas vocation à grossir. « Notre ambition, assure Mathieu Pouy, est d’être l’entreprise de menuiserie où tout le monde a envie de venir travailler. »

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