Métier

Cardete Huet intègre Amsycom pour mieux durer

Mots clés : Architecture - Gestion et opérations immobilières

L’agence d’architecture toulousaine et le groupe de conseil en immobilier unissent leurs forces.

Francis Cardete et Gérard Huet peuvent penser à l’avenir sereinement. Soucieux de la pérennité de leur agence, les deux architectes tous deux âgés d’une soixantaine d’années, ont cherché une solution. Depuis un peu plus d’un an, l’agence est la filiale architecture d’Amsycom. Spécialisé dans l’accompagnement et la conduite de projets immobiliers pour le tertiaire et l’industrie, le groupe indépendant français détient 49 % des actions. Les architectes sont toujours dominants dans la société désormais baptisée Cardete Huet Amsycom. Cardete Huet employait 60 salariés, dont 52 architectes, répartis entre le siège à Toulouse, l’agence de Levallois-Perret et celle de Marseille. Avec les forces apportées par Amsycom, le pôle architecture compte 80 personnes, dont des ingénieurs et architectes. Francis Cardete et Gérard Huet en sont les directeurs généraux. David Habrias, directeur associé d’Amsycom, en est le président. « Dans le milieu, tout le monde savait que nous cherchions à transmettre. Amsycom avait envie d’une entité d’architecture généraliste. Le mariage s’est fait car nous avions une vision partagée du projet et du service à rendre », raconte Francis Cardete. De plus, ils se connaissaient ayant collaboré dans le cadre d’une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage en 2005 à Marseille pour accompagner la Ville dans la réorganisation de ses services. Le nom de Cardete Huet, qui venait de terminer pour Airbus l’usine d’assemblage de l’A380 à Blagnac, rayonnait dans toute la France. La raison du mariage est la pérennité mais aussi l’opportunité d’acquérir des compétences tout en gardant l’ADN de l’agence. « Une palette élargie de métiers dans l’architecture, l’ingénierie et le conseil permet d’optimiser les coûts et délais. C’est un modèle pour un bâtiment adapté à l’usage et mis en œuvre de la façon la plus efficace possible », poursuit David Habrias.

Une production variée.

Le rapprochement avec Amsycom n’est pas le premier changement vécu par Cardete Huet. L’agence est une émanation d’Arca, entité créée en 1976 sous forme d’association à Toulouse avec quatre autres architectes, diplômés aussi de l’Ensa de Toulouse. La crise au début des années 1990 conduit chacun à suivre son propre chemin. Francis Cardete et Gérard Huet le poursuivent ensemble. Ce dernier répète souvent que « tout est toujours plus facile quand on est Parisien », une forme de coquetterie. Tout comme Francis Cardete, il est un enfant de Toulouse et de la Haute-Garonne. Les deux hommes ont préféré construire sur leurs bases. Cela ne les a pas empêchés de voir le monde. Tout juste diplômé en 1974, Gérard Huet part travailler à Phoenix (Etats-Unis) auprès de Paolo Soleri, qui lance alors un projet de ville futuriste. Au même moment, Francis Cardete est, en Algérie, chef d’agence de l’architecte Raymond Chini puis responsable du bureau d’études du ministère de la Jeunesse et des sports.

« Ce n’est pas une agence avec une architecture marquée. Elle a une production variée. Elle a su fonctionner tant dans le privé que dans le public. Elle est l’une des rares à avoir su s’expatrier hors de sa région. Le rapprochement avec Amsycom est judicieux dans le sens d’une vision globale des projets. D’ailleurs, nous les avons reçus pour le comprendre », témoigne Philippe Gonçalvès, président de l’ordre des architectes de Midi-Pyrénées. Certes, on n’associe pas à Cardete Huet une écriture spécifique mais l’agence est reconnue pour sa rigueur et sa capacité d’écoute. Avec un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, c’est l’une des premières au niveau national. A son palmarès figurent l’extension de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, quatre usines d’assemblage des Airbus, l’hôpital Pierre-Paul-Riquet à Toulouse, les nouvelles enceintes des stades de Lens et du Mans, la restructuration du centre commercial à La Seyne-sur-Mer, le pavillon de la France à l’Exposition internationale de Saragosse (Espagne), l’ambassade de France à Bogota (Colombie). Sans compter l’aménagement de deux villes nouvelles au Maroc et les projets en cours : écolycée à Clermont-Ferrand, centre d’enfouissement des déchets à Bure, siège de l’université de Guyane à Cayenne, extension du siège de la Caisse d’épargne à Nantes.

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