Métier

Cabrol se reconstruit

Mots clés : Structure métallique

Spécialisée dans les structures métalliques complexes, l’entreprise tarnaise a failli disparaître. Devenue Scop, elle s’invente un nouvel avenir.

Créée en 1930 à Mazamet (Tarn), l’entreprise de serrurerie métallique Cabrol connaît un nouveau tournant. Depuis l’été 2015, elle est une société coopérative de production (Scop) dirigée par Christian Vertadier, nouveau directeur général. Sur la cinquantaine de salariés, 35 sont associés et détiennent le capital de 910 000 euros. Chacun a apporté la valeur de son Arce (aide à la reprise et à la création d’entreprise) et l’équivalent de deux à trois mois de salaire. Leur mobilisation et le soutien des collectivités ont permis de sauver la PME placée en redressement judiciaire en janvier 2015 et qui employait jusqu’à 125 salariés.

Réalisations prestigieuses.

Ce n’est pas le premier des changements vécus par Cabrol. Dans les années 1970, elle est reprise par Francis Rayssac, qui la dirigeait pour le compte de Castel et Fromaget. Il rachète les parts de cette dernière et celles détenues par un des fils de Jean Cabrol, le fondateur. La PME se spécialise dans les bâtiments à forte valeur ajoutée. Elle est connue dans toute la France. L’hôtel du département des Bouches-du-Rhône et le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) à Marseille, l’extension de la gare du Nord à Paris, les usines du groupe L’Oréal, le Centre d’art pariétal Lascaux 4 à Montignac (Dordogne) font partie de ses réalisations prestigieuses.

Sa force : un bureau d’études structuré et la qualification Qualibat technicité supérieure dans la charpente, la serrurerie, le bardage et la couverture métallique. Mais sa capacité à relever les défis techniques n’a pas suffi à surmonter la crise. « Autant l’entreprise a investi dans la matière grise, autant elle n’a pas investi dans les outils de production. Par manque de productivité, elle est devenue moins compétitive. Un handicap alors que les prix bas sont devenus la règle », analyse Christian Vertadier. « Or, c’est une activité où il faut beaucoup de capitaux propres à la fois pour acheter la matière première et pour tenir le cycle long du chantier », poursuit-il.

Le plan de relance.

Au plus fort de la crise, Cabrol n’arrive plus à payer ses charges sociales. Elle perd du crédit fournisseur. Les organismes sociaux et fiscaux accordent un moratoire en échange d’un audit. Début 2015, l’administrateur judiciaire est partisan de la vendre. Faute de repreneur, les salariés prennent leur destin en mains avec l’aide de l’Union régionale des Scop. Ils bâtissent un plan de relance avec plusieurs objectifs : un atelier plus productif, une part des marchés privés supérieure à 30 %, se positionner sur le marché de l’isolation par l’extérieur tant pour le neuf que pour la réhabilitation. Cabrol prévoit d’investir 3 millions d’euros pour agrandir l’atelier, améliorer les flux et acheter de nouveaux outils. Elle vient de recruter un responsable qualité/sécurité/environnement afin d’obtenir notamment la certification ISO 14001. Un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2017 semble désormais possible.

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