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« Ça va mieux, mais les prix restent trop bas »

Mots clés : Gros oeuvre - Maçonnerie

Alors que la reprise se confirme, le président de l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre aborde l’actualité de la filière.

A l’occasion des Rencontres des métiers du gros œuvre qui se sont tenues les 16 et 17 septembre à Obernai, Didier Brosse, président de l’UMGO-FFB, évoque les problèmes qui se posent aux entreprises dans une conjoncture globalement plus favorable, mais dont les effets se font inégalement sentir.

Dans le gros œuvre, peut-on enfin parler de reprise ?

Oui, ça va mieux ! Nous pouvons parler d’une reprise globale, même si toutes les entreprises ne le ressentent pas encore. Le nombre de permis de construire en logement collectif, sur douze mois cumulés à fin juillet, a augmenté de manière conséquente (+ 13,5 %, d’après les chiffres communiqués par le ministère du Logement). Les mises en chantier ont pour leur part crû de 8,6 %. En logement individuel, le redémarrage est plus timide (+ 1,2 %). Il en est de même dans le non-résidentiel. S’agissant de l’entretien-rénovation, l’activité ne redémarre pas nettement. C’est notamment le cas pour les marchés liés à la rénovation énergétique.

A quel niveau se situent vos carnets de commandes ?

Selon l’indicateur FFB à fin juin, dans le gros œuvre, ils sont en hausse de 6,1 % par rapport à l’année passée, à 6,4 mois en moyenne. Ce qui cache d’importantes disparités : de 4,1 mois pour les entreprises de 10 à 20 salariés à 12,6 mois pour celles de plus de 200 salariés. Ces disparités s’expliquent par le fait que les particuliers, clientèle type des petites entreprises, n’ont pas encore repris confiance. Le moral des ménages n’est pas au plus haut, du fait du climat social ambiant, des incertitudes liées aux prochaines échéances électorales…

Comment se tiennent les prix dans le gros œuvre ?

Ils sont toujours bas. Pourquoi ? Parce que tout le monde est loin d’avoir des carnets de commandes pleins. Par ailleurs, nous avons été confrontés à des hausses tarifaires importantes et soudaines sur les produits acier. Heureusement, cela semble se calmer. Nous avons besoin de trésorerie pour financer le redémarrage. Cela fait des années que nous nous efforçons de diminuer nos coûts, il est donc difficile aujourd’hui de continuer dans cette voie. Même si la chasse au gaspillage est toujours d’actualité, de même que des méthodes telles que le lean management. Je note aussi que ce qui finit d’assécher nos trésoreries, actuellement, ce sont les révisions de prix négatives.

Les pouvoirs publics ont pris de nombreuses dispositions pour lutter contre le détachement illégal de salariés. Constatez-vous une amélioration sur le terrain ?

Je ne veux pas faire de généralités, mais dans la région où je travaille [Auvergne-Rhône-Alpes, NDLR], les contrôles se sont énormément durcis. Des inspecteurs du travail ont été recrutés, sont sur le terrain et les interventions se font plus nombreuses. Les maîtres d’ouvrage prennent donc des garanties et obligent les entreprises qui souhaitent répondre à leurs appels d’offres à montrer patte blanche. A l’heure actuelle, tout le monde est plus vigilant quant à la question du détachement. Quelques jugements ont fait grand bruit, et le niveau actuel des sanctions [jusqu’à 500 000 euros, NDLR] peut mettre en péril la survie d’une entreprise.

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