Enjeux

Bureaux du troisième type

Des promoteurs lancent les bureaux en colocation. Une nouvelle façon de construire qui permet de diminuer le risque de vacance locative.

La nature n’aime pas le vide, et les promoteurs immobiliers non plus. Certains surfent sur l’émergence du télétravail et du coworking, ces espaces de travail partagés entre différentes entreprises, pour proposer des immeubles tertiaires d’un nouveau genre. Ces lieux, en général branchés et ultra-connectés (fibre, serveurs sécurisés, etc.), situés aux portes de Paris, veulent attirer les salariés de grands groupes qui souhaitent télétravailler, mais aussi les petites entreprises aux reins trop fragiles pour s’engager dans un contrat de location classique de trois, six ou neuf ans. A la fin de l’année 2014, Nexity lançait Blue Office (à partir de 25 euros HT par jour), à Alfortville dans le Val-de-Marne. Aujourd’hui, Bouygues Immobilier réplique avec Nextdoor (dès 300 euros HT par mois), qui sera inauguré le 1er juin à Issy-les‑Moulineaux dans les Hauts-de-Seine.

Aménager autrement pour travailler différemment.

Ces lieux sont aménagés différemment des bureaux traditionnels. On y fait la part belle à l’open space, le mobilier se veut plus ergonomique, les locataires jouissent parfois de jardins ou de terrasses et bénéficient toujours de points de restauration intégrés. Ces bureaux plus chaleureux et pratiques annoncent-ils une tendance durable ou répondent-ils à une mode éphémère ? Pour Vincent Bollaert, directeur des investissements bureaux de la société de conseil en immobilier Cushman & Wakefield, cette nouvelle offre pourrait séduire les investisseurs, et donc, se développer : « L’investissement tertiaire est largement orienté vers des placements de long terme et sécurisés. Les investisseurs aiment les immeubles “ multilocataires , car ils diluent le risque de vacance. » En outre, lorsqu’un immeuble est toujours plein, sa valeur augmente sur le marché et il devient plus attractif aux yeux des autres investisseurs. Enfin, « l’augmentation significative du taux d’occupation d’un édifice permet de réduire son coût d’usage », explique Philippe Morel, président de Nextdoor, qui pourrait implanter son offre à La Défense en restructurant les tours vidées de leurs locataires.

Loger les start-up.

La France est un pays d’entrepreneurs. En 2014, 550 794 sociétés ont été créées selon l’Insee. Toutes ne survivront pas, mais les plus solides se développeront et devront héberger leurs salariés. Cette clientèle particulière, qui demande beaucoup de souplesse, était jusqu’alors délaissée. « Or, les entreprises de la Net économie sont celles qui ont pris le plus de bureaux à Londres en 2014 », assure Vincent Bollaert. En développant une nouvelle offre, les promoteurs immobiliers pourraient bien être en train de créer leurs propres débouchés.

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