Annuel immobilier

Bureau d’avenir La rénovation tertiaire passe au vert

Mots clés : Démarche environnementale

Le décret déterminant la nature et les modalités de l’obligation de travaux énergétiques pour le parc tertiaire, prévue par la loi Grenelle 2, devrait être publié en 2016.

Aquoi ressemblera l’immeuble tertiaire de demain ? Peut-être à l’une des tours dépolluantes imaginées par l’agence Vincent Callebaut Architectures dans le cadre de son projet Parias Smart City 2050. Les bâtiments de demain seront probablement plus « green », ils partageront leur énergie et « seront végétalisés pour combattre les îlots de chaleur urbains », estime Diego Harari, directeur de l’innovation chez Vinci Immobilier. Mais surtout… les bâtiments de demain auront été rénovés. Car le gros du travail se concentre sur le parc ancien. « Chaque année, le taux de rénovation global s’établit à 2,4 % du parc, évalue Jean-Claude Migette, directeur du pôle bâtiment et efficacité énergétique du cabinet de conseil CODA Stratégies lors des Rencontres de la performance énergétique. D’ici à 2020, 160 millions de m2 seront rénovés, soit 16 % du parc tertiaire. Un véritable mouvement s’est engagé. » Une bonne nouvelle, puisque, d’ici à 2050, tout le parc existant devra avoir atteint le niveau du label BBC (bâtiment basse consommation) actuel.

En outre, la législation devrait aussi pousser les acteurs récalcitrants à se lancer dans la chasse au gaspi. Le décret déterminant la nature et les modalités de l’obligation de travaux énergétiques pour le parc tertiaire, prévue dans la loi Grenelle 2 de juillet 2010, devrait enfin sortir. « Au premier trimestre 2016 », estime Katy Narcy, sous-directrice de la qualité et du développement durable dans la construction de la DHUP (direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages). Selon la représentante de la DHUP, « le décret sera le même pour le parc tertiaire public et privé » et il tendra vers « une obligation de résultats en laissant une grande liberté de moyens aux acteurs. Cette obligation de travaux est compliquée à manier compte tenu du contexte économique peu favorable, et surtout de la diversité des usages, des maîtres d’ouvrage et des bâtiments (foncières, commerces, établissements hospitaliers…) ». Le décret devrait s’appuyer sur les retours d’expérience issus de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires, lancée en 2013 par le Plan bâtiment durable. Ce prochain texte de loi devrait activer tous les leviers : usages et comportements, maintenance, exploitation, et pas uniquement les travaux sur le bâti. Mais peut-être y aura-t-il un décret général suivi d’arrêtés par typologies d’actifs… Cette hypothèse permettrait de répondre à la diversité du parc tertiaire.

Le Bepos, un marché de niche ? Et le bâtiment à énergie positive (Bepos) dans tout cela ? « C’est un marché de niche, juge Diego Harari. Quelques grands propriétaires vont vouloir avoir un ou deux Bepos dans leur portefeuille, mais pas plus. Aujourd’hui, les investisseurs n’ont pas la volonté de payer un bâtiment plus cher, car ils ne réalisent pas de retour sur investissement. » Aujourd’hui, le modèle économique n’est pas adapté, mais demain ?

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ENCADRE

160 millions de m2 de bâtiments tertiaires seront rénovés d’ici à 2020. Soit 16 % du parc.

Source : CODA Stratégies

9,2 milliards d’euros

le marché de la rénovation du parc tertiaire en 2019. En 2014, il pesait 7,6 milliards. Source : CODA Stratégies

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