Architecture Technique

Bruits des équipements individuels et collectifs

Principes et objectifs

En ce qui concerne la limitation du bruit des équipements individuels ou collectifs perçus à l’intérieur des logements, la réglementation fixe des exigences de niveau de pression acoustique LnAT maximal en laissant le constructeur libre des moyens à mettre en œuvre pour respecter ces exigences. Celles-ci dépendent des types de locaux récepteurs et des types d’équipements.
Seules des mesures acoustiques réalisées après l’achèvement des travaux permettent de vérifier que ces exigences ont bien été respectées.

Diagnostics

Les causes principales :

non-prise en compte du niveau de puissance acoustique lors du choix d’un équipement (chaudière, groupe VMC, machinerie d’ascenseur, surpresseur…) ;
mauvaise conception du local recevant l’équipement (indice acoustique de parois insuffisant et acoustique intérieure du local non traitée) ;
isolation acoustique insuffisante entre le local technique et le logement (par exemple absence de doublage acoustique) ;
implantation non adaptée de l’équipement (installé contre ou au-dessus d’une pièce principale) ;
systèmes de fixation au sol ou murale mal adaptés d’un point de vue acoustique ;
équipement fixé sur une paroi légère (vibrations entraînant le rayonnement de la paroi vers le local voisin) ;
mauvaise conception des réseaux aérauliques et hydrauliques (diamètre de canalisation trop faible, coudes et dévoiements non traités, absence de pièges à son…) ;
mauvaise conception des gaines techniques (emplacement non adapté, parois et isolation insuffisantes, absence ou mauvais rebouchage du plancher de la gaine technique…) ;
encastrement de tableaux électriques ou de boîtes d’encastrement en vis-à-vis dans une paroi séparative.

Les conséquences :

bruit aérien de l’équipement trop élevé au sein du logement et/ou dans le logement voisin ;
évacuation des eaux usées audible dans le logement voisin et les locaux sur le cheminement de la gaine technique ;
coup de bélier lors de la fermeture/ouverture rapide d’un robinet ;
sifflement des entrées d’air ;
bruit transmis par les gaines de ventilation ;
bruit généré par les vibrations transmises aux parois et/ou à la structure du bâtiment ;
bruit de claquement ou de cognement généré par les mauvais réglages de fin de course (portes de hall d’entrée, de garage, de local poubelles, portes d’ascenseur…) ;
bruit de roulement généré par la mauvaise désolidarisation de rails (portes de garage, ascenseurs) ;
dégradation de l’isolement acoustique entre deux logements à cause des percements (boîtiers électriques) et encastrements (passage de réseaux).

Les bonnes pratiques

Intégrer la dimension acoustique dès la conception. Une attestation acoustique s’appuyant sur des constats effectués dès la conception devra être fournie à la fin des travaux.

Les lignes qui suivent présentent un ensemble de dispositions visant à réduire la nuisance sonore des équipements. Pour un résultat optimum, dans une situation donnée, le concepteur devra souvent associer plusieurs de ces dispositions :

Implanter les locaux techniques (chaufferie, machinerie d’ascenseur) et les pièces humides des logements (cuisines, salles d’eau, cabinets d’aisance) de manière à limiter la nuisance sonore générée dans les pièces principales des logements.
Choisir des appareils ou des systèmes peu bruyants et générant peu de vibrations (principalement pour les chaudières, la robinetterie, les groupes de ventilation, les machineries d’ascenseur, les automatismes de portes de garage).
Réduire le niveau sonore des équipements bruyants par un capotage revêtu à l’intérieur d’un matériau qui absorbe une partie du bruit aérien.
Désolidariser les équipements en les fixant sur des surfaces ou des murs lourds avec des dispositifs antivibratiles (photo 1 et schéma 3). Les équipements individuels ou collectifs, tels que les chaudières et les moteurs de VMC, peuvent générer des vibrations. En présence d’une paroi légère, découpler l’équipement de celle-ci à l’aide de supports élastiques.
Renforcer l’isolation acoustique des conduites et des gaines et les fixer à une paroi lourde à l’aide de colliers antivibratiles (photo 2).
Pour atténuer l’effet « coup de bélier » :

– choisir un diamètre de conduite suffisant,
– choisir pour la conduite un matériau peu rigide.

Pour l’évacuation des eaux usées, placer les déviations des canalisations au plus loin des pièces principales, éviter les coudes à angle droit.
Apporter un soin particulier à l’isolation acoustique des gaines, y compris leurs trappes de visite, au niveau des coudes et des dévoiements.
Reboucher avec soin les traversées de parois et de planchers dans les gaines techniques (schéma 4).
Porter une attention particulière aux bouches d’insufflation d’air de VMC double flux, notamment dans les chambres.
Atténuer le bruit de la ventilation en installant des pièges à son dans les conduites d’air.
Ne pas encastrer de tableaux électriques ou de boîtiers électriques en vis-à-vis dans une paroi séparative.
Désolidariser et éloigner des fenêtres les équipements installés en façade (pompes à chaleur).
Prendre également en compte la réglementation sur les bruits de voisinage.
Informer les occupants de la nécessité de nettoyer les bouches d’entrées et d’extraction d’air et de ne pas les obstruer.

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Quand être vigilant ?

Du début de la conception à la fin de la réalisation, des étapes de vérification sont nécessaires pour atteindre la qualité réglementaire :

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L’essentiel

Veiller à atténuer les bruits aériens par l’isolation du local où est installé l’équipement et/ou le capotage de celui-ci.
Désolidariser ou mettre en place un dispositif antivibratile entre l’équipement et la paroi qui transmet les vibrations.
Installer des pièges à son pour éviter la transmission des bruits par les réseaux.

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L’essentiel

Dès la conception, intégrer le confort acoustique des logements.
S’assurer de la compatibilité des solutions d’isolation thermique avec l’acoustique.
S’assurer de la bonne réalisation des ouvrages en phase travaux.

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D’après les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs ». « Fiche rédigée à partir de constats établis lors des contrôles réglementaires de construction jusqu’en 2013 »

Reproduction interdite sans autorisation des éditeurs. © 2013 AQC/Ministères en charge du Logement et de la Construction. Toutes les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs » sont consultables sur www.qualiteconstruction.com

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