Enjeux

Brexit : Paris va-t-elle en profiter ?

Mots clés : Gestion et opérations immobilières

La sortie du Royaume-Uni de l’Europe pourrait pénaliser Londres et doper l’immobilier de bureaux francilien.

Leave ! Le résultat du référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (UE) est tombé le 24 juin, et il est sans appel : les Britanniques ont décidé à 52 % ce fameux Brexit. Les multinationales dont le siège est à Londres vont-elles alors être tentées de déménager vers une autre grande métropole du continent ? Si oui, l’Ile-de-France – et en particulier La Défense, premier quartier d’affaires en Europe – est-elle la mieux placée ? Cela aurait-il pour effet de doper les projets d’immobilier de bureaux, et donc profiter au BTP français ?

Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque, ne se montre pas très optimiste, même s’il ne nie pas que le Brexit pourrait constituer une chance pour la France : « Indéniablement, les entreprises britanniques seront contraintes d’ouvrir d’importantes succursales sur le continent voire, si leur business model le permet, de relocaliser leur siège. Plusieurs banques ont déjà indiqué qu’elles le feraient. Et pour les entreprises non européennes, la question va également se poser. Hélas, elles risquent plutôt de choisir la capitale financière de l’Allemagne, Francfort, ou le Benelux, en particulier Luxembourg, pour des raisons fiscales. Et concernant les grands groupes de la nouvelle économie, tout porte à croire qu’ils iront en Irlande, encore plus favorable sur le plan des impôts. » Pourtant Paris, située au centre de l’Europe occidentale, avec sa qualité de vie, sa main-d’œuvre diplômée et ses infrastructures de transport qui restent efficaces, a une carte à jouer. « Mais il faudrait pour cela que le gouvernement prenne des mesures fiscales de nature à attirer les grands groupes étrangers », estime Christopher Dembik.

Effet d’aubaine.

L’avocat britannique Peter Rosher (cabinet Pinsent Masons), basé à Paris et spécialiste des grands projets d’infrastructures, croit lui à un effet d’aubaine : « Douglas Flint, le président de la Banque HSBC, annonce déjà qu’en cas de Brexit, 1 000 employés seraient envoyés à Paris. D’autres groupes, tels Morgan Stanley, Goldman Sachs ou encore Bank of America, ont déclaré être prêts à déménager. Il a été suggéré que d’autres sociétés déplaceraient leur siège dans un pays membre de l’Union pour toujours bénéficier d’une passerelle vers le marché unique européen. Ce qui est vrai pour les banques l’est aussi pour les multinationales qui bénéficient toutes d’un passeport financier. Evidemment, on pense aux capitales, dont l’une des plus importantes est encore Paris au sein de l’UE. Si cela devait advenir, l’impact sur les investissements pour l’immobilier de bureaux, et même d’habitation, est évident. »

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Vinci et Bouygues exposés

Le Brexit n’aura que peu de conséquences sur l’activité du BTP français, l’immense majorité des PME le composant n’étant pas présente outre-Manche. Ce n’est toutefois pas le cas de ces deux majors. Le Royaume-Uni est la deuxième implantation de Vinci à l’international, juste derrière l’Allemagne. Le n° 1 du BTP français y réalise 7 % de son chiffre d’affaires (2,6 milliards d’euros). Quant à Bouygues Construction, qui a remporté en 2015 le contrat géant de la troisième phase de la Battersea Power Station (1 milliard de livres), il affiche un chiffre d’affaires de 800 millions de livres (1 milliard d’euros au 24 juin).

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