Enjeux

BPM, une vie de châteaux

Mots clés : Architecture - Bâtiment d’habitation individuel

Ce cabinet d’architecture bordelais s’est spécialisé dans un monde viticole en pleine ébullition.

C’est sur les bancs de l’école d’architecture de Bordeaux, à la fin des années 1990 qu’a débuté l’histoire du cabinet BPM Architectes. « Nous y étions étudiants et l’on travaillait ensemble. Nous avons poursuivi l’aventure après l’obtention de notre diplôme », raconte Arnaud Boulain, l’un des trois cofondateurs, avec Delphine Pirrovani et Loïc Mazières. L’équipe fait ses premières armes comme sous-traitant pour l’architecte Bernard Mazières, père de Loïc. C’est cette expérience qui les amène à s’intéresser au monde viticole, qui représente désormais 40 % de leur activité.

Haute couture. « Avec l’univers du vin, nous partageons les valeurs d’humanité, de respect, d’écoute et de dialogue », s’enthousiasme Arnaud Boulain. C’est lui qui se spécialise dans cette architecture qu’il veut avant tout fonctionnelle et ergonomique. Il débutera dès l’année 2000 en Gironde avec le château Lilian Ladouys. Suivront le château Angelus, Cos d’Estournel, puis Pédesclaux, en association avec l’architecte Jean-Michel Wilmotte… Le cabinet compte aujourd’hui une trentaine de châteaux à son actif. « C’est de la haute couture, souligne-t-il, car le projet est réalisé au milieu des vignes, des bois et sur des bâtiments classés. » Avec des points de fuite « incroyables », mais des contraintes également : plan local d’urbanisme, architectes des bâtiments de France, Unesco… « L’analyse scrupuleuse d’une réglementation qui évolue est indispensable », indique Arnaud Boulain.

Création en 1999 1,8 M€ de CA en 2016 20 salariés

Côté architecture, le terrain de jeu est vaste : « Modernité, recherche patrimoniale ou continuité de l’existant. » Un enjeu qu’il détermine après avoir pris connaissance du souhait du client, de ses goûts… « Dans le vin, nous avons beaucoup de références qui nous inspirent. » Et des moyens à leur disposition. BPM a ainsi intégré un nouveau bâtiment au château Angélus en respectant l’architecture initiale et a fait appel à des artisans qui perpétuent un savoir-faire ancestral pour créer le carillon qui sonne l’angélus, auquel répond l’onde en bois du plafond du chai, imaginée par Arnaud Boulain.

Hangar à tracteurs. Au château Beychevelle, en revanche, la rupture est totale, avec la création d’un salon de réception entièrement vitré dont les ondulations créées sur la façade évoquent les vagues de l’estuaire voisin et l’histoire du lieu. L’architecte ne dénigre pas pour autant les bâtiments liés à la production et s’interroge sur l’ergonomie d’un hangar à tracteurs. « Il ne s’agit pas juste d’une boîte, mon travail est au service de l’utilisation. » Depuis près de quinze ans, l’agence accompagne l’envie des châteaux viticoles d’ouvrir leurs portes. C’est ainsi qu’Arnaud Boulain débute sa collaboration avec Jean-Michel Cazes, propriétaire de Lynch-Bages avec qui il travaille à la restauration de l’ancien village de Bages, à Pauillac. Son dernier projet en date est justement dans cette commune, avec la création d’un bâtiment au château Lynch-Bages en association avec l’architecte américain Chien Chung Pei, « en rupture totale ». Un nouveau chapitre dans l’histoire du grand cru classé. Et dans celle de BPM.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X