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Bow-WOW microarchitectures mobiles ASIE BOW-wow

Mots clés : Aménagement paysager - Droit de l'urbanisme

A la rencontre du paysage fragmenté de Tokyo se dessine une multiplicité de ruptures, fractures et sutures successives. Dans la mégalopole japonaise, le bâti, l’infrastructure, y sont autonomes, et de leurs écarts résultent d’innombrables fissures urbaines. Ces espaces étroits entre deux bâtis ou interstices entre voiries, à la limite du praticable, sont habités de microarchitectures à l’économie spatiale étonnante.

La moindre opportunité d’occupation à Tokyo est donc exploitée, réunissant toutes les échelles architecturales, de la Super scale des complexes commerciaux, à la Pet scale théorisée par l’Atelier Bow-Wow. Ainsi tout comme un animal domestique, cette petite architecture dispersée dans la jungle urbaine explore des territoires oubliés. La taille minimale n’est pas la seule caractéristique saisissante de cette architecture japonaise ; Tokyo, ville tout autant infinie qu’indéfinie, lui a conféré des attributs nomades. La mégalopole est en permanence parcourue par des flux, tant de populations que d’informations. De plus, la pression foncière a constamment fait évoluer la morphologie de la capitale. En cela l’architecture a développé des qualités particulières non pas de périssabilité mais d’évolutions continues. Les deux réalisations School Wheel et Vegetacle de l’Atelier Bow-Wow s’inscrivent dans cette tendance. Architectures temporaires et mobiles, elles esquissent de nouvelles possibilités.

School Wheel est une école temporaire de rue, réalisée à l’occasion de la biennale de Pusan en Corée. Equipement mobile, cette micro-architecture devait être dimensionnée de la manière la plus minimale pour pouvoir assurer son déplacement. L’élaboration s’est tout d’abord focalisée sur le contenu, c’est-à-dire le mobilier, afin qu’empilé, il puisse être rangé dans le volume architectural, le contenant minimum. Le bloc de 4 m² au sol qui en résulte, est alors en définitive une boite à outils, regroupant les tables et tabourets nécessaires pour accueillir cinquante élèves potentiels. Lorsque l’ensemble du mobilier est déployé dans l’espace, il constitue ainsi une salle de classe en plein air d’environ 30 m².

Afin de créer différentes spatialités liées à ce volume, les deux faces du parallélépipède rectangle assument des fonctions différentes. La face avant avec son tableau est réservée à l’éducation, tandis que la face arrière, plus technique, abrite le rangement du mobilier. Ce principe d’orientations combinées, cher à l’Atelier Bow-Wow, est fondamental car il permet de créer différents usages dans une extrême proximité. Deux spatialités distinctes sont ainsi générées, étirant au maximum le domaine de cette architecture minimale.

Sur le plan constructif, School Wheel est une succession d’astucieux dispositifs, tous inscrits au sein d’une économie de moyens. La salle de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 191 du 01/10/2009
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