Territoires Strasbourg

Bouygues Immobilier lance l’Ilot bois

Mots clés : Bois - Entreprise du BTP

Lauréat de l’un des quatre lots de l’Ilot bois de Strasbourg, programme démonstrateur de la construction bois en hauteur en milieu urbain, Bouygues Immobilier attend en juillet l’obtention du permis de ses 9 300 m2 SP pour 146 logements et un rez-de-chaussée de commerces. Le promoteur vise le démarrage des travaux début 2017 et une livraison à l’automne 2018. L’immeuble, dont la hauteur s’échelonne entre 8 et 11 étages, deviendra alors, au moins temporairement, le plus élevé de France réalisé dans ce matériau naturel.

La construction ne sera cependant pas 100 % bois, et les exceptions ne se trouvent pas là où on les attendrait. Le bardage sera en mélèze sur trois niveaux seulement, avant de laisser la place à une résille aluminium. Mais « construire en bois » ne se confond pas avec « voir du bois » et, pour sa structure, le projet ne fera appel au béton qu’en rez-de-chaussée. Le bois composera tout le reste, y compris le noyau central avec ses cages d’escalier et d’ascenseur, ce qui donne toute son ambition au programme.

Façade porteuse en CLT.

Le groupement maîtrise d’œuvre-entreprises comprend les architectes KOZ et ASP Architecture, les bureaux d’études Ingénierie Bois, Illios et Aïda, ainsi que Eiffage Construction et KLH, le fabricant autrichien de CLT (cross laminated timber). En vogue, le lamellé-croisé a été choisi pour réaliser la façade porteuse. Le plancher porteur sera en ossature bois. Pour soigner le traitement acoustique, notamment les basses fréquences, il sera renforcé par une chape liquide d’environ 6 cm. De plus, des résilients seront posés à cet endroit, et éventuellement au droit des jonctions des éléments porteurs. « Le confort phonique a constitué l’une des trois préoccupations soulevées par les candidats acquéreurs, avec la stabilité au feu et le vieillissement du bois dans le temps », assure Jean-Louis Archambault, directeur Alsace de Bouygues Immobilier.

Chauffé au gaz et par une pompe à chaleur avec plancher réversible, doté d’une enveloppe de près de 50 cm dont 20 cm de laine minérale en extérieur, le bâtiment vise le niveau passif. Son coût de construction s’élève à 1 800 euros HT/m2 habitable, soit un total de travaux d’environ 16 millions d’euros. Bien qu’inférieure aux attentes, la subvention d’Etat par le programme Ecocité ramène à 1 600 euros/m2 le montant à la charge du maître d’ouvrage.
Situé dans le futur quartier du Port du Rhin, l’Ilot bois doit totaliser 400 logements, avec les deux autres projets privés de Nouvel Habitat (dépôt de permis d’ici à la fin du mois) et de Nacarat, ainsi que le lot « social » de Nouveau Logis de l’Est développé selon une conception-réalisation qui sera désignée en septembre prochain. « La démarche est forcément itérative : on ne peut qu’avancer en marchant sur ce sujet à la réglementation encore très évolutive », commente Alain Jund, adjoint à l’urbanisme de la Ville de Strasbourg. C’est ainsi que Bouygues Immobilier travaille à une solution de résistance au feu des façades qui « s’approche le plus possible » de l’imminente nouvelle instruction technique 249 sur le sujet, avec une possible appréciation technique expérimentale (Atex) à la clé.

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