Edito Coup de griffe

Bonne année. Bonne santé ?

Mots clés : Risque sanitaire

L’événement est probablement passé inaperçu au milieu du réveillon. Alors que retentissaient les douze coups de minuit, entre embrassades et cotillons, une avancée sociale majeure entrait en vigueur. Depuis le 1er janvier, toutes les entreprises doivent proposer une complémentaire santé à leurs salariés, même les plus petites.
Signé par les partenaires sociaux, l’accord a déclenché une vague de négociations : branche par branche, employeurs et salariés étaient invités à fixer le niveau minimal des garanties proposées par les contrats de mutuelle santé. Toute la France sociale était alors occupée par les « paniers de soins » et autres « contrats responsables ». Toute ? Non. Car, dans le BTP, d’irréductibles partenaires sociaux résistent encore et toujours à la concorde. Au terme de la bagarre, la Capeb refuse de signer le projet porté par la FFB. Le texte comporte des éléments « inacceptables », avance Patrick Liébus. « Trahison ! » lui répond Jacques Chanut. Dans les travaux publics, la situation n’est pas plus reluisante. Là encore, le dialogue social s’est mué en dialogue de sourds.
La scène de ménage est patronale, mais ce sont les salariés des TPE qui paient la vaisselle cassée. Leurs mutuelles santé ne sont tenues de se conformer qu’au minimum prévu en l’absence d’accord.
Mais le pire pourrait être à venir. Employés et entreprises de la construction ont de quoi s’inquiéter devant tant de mauvaise volonté. Déjà malmené par la conjoncture, le secteur n’a vraiment pas besoin d’un combat des chefs. Car leur rôle n’a probablement jamais été aussi déterminant, à l’heure où la négociation est devenue l’alpha et l’oméga de la politique sociale. Entre pénibilité, réforme consulaire et réduction du nombre de branches professionnelles, les sujets de discussion vont s’enchaîner en 2016 et, avec eux, les motifs de discorde. Les partenaires sociaux doivent de toute urgence apprendre à se parler à nouveau. En pleine période des vœux, c’est tout ce que l’on peut souhaiter au BTP.

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