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Bonna Sabla bétonne son offre pour le Grand Paris

L’industriel investit pour équiper en voussoirs le futur réseau ferré francilien.

Les bâtiments nichés entre la Seine et la nationale 184 reprennent peu à peu vie, deux ans après un plan de sauvegarde de l’emploi qui a réduit l’effectif de l’usine de Bonna Sabla à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) de trois quarts. L’industriel, spécialiste de la fabrication de produits manufacturés en béton, ose de nouveau investir sur ce site de production historique, créé en 1894 par l’inventeur du tuyau en béton armé dit « âme tôle », Aimé Bonna. C’est lui qui, entre la fin du XIXe siècle et les années 1920, a fabriqué et posé quelque 300 km de tuyaux pour l’assainissement de la Ville de Paris. Aujourd’hui, après avoir équipé le Mucem à Marseille, le stade Jean-Bouin et la Fondation Louis-Vuitton à Paris de ses bétons hautes performances, Bonna Sabla mise à nouveau sur la capitale pour donner un nouvel élan à son site de Conflans.

En groupement avec Capremib, spécialiste des matériaux en béton, l’industriel a remporté la fabrication des voussoirs des 5,86 km de tunnels du prolongement de la ligne 14 du métro parisien vers Saint-Ouen, inscrit dans le projet du Grand Paris Express. Deux lots, l’un attribué à Eiffage Razel-Bec, l’autre à Bouygues Soletanche Bachy, qui ont permis à Bonna Sabla et son partenaire d’investir plusieurs millions d’euros sur le site de Conflans. Deux centrales à béton neuves ont été acquises pour alimenter deux lignes de production modernisées, et 58 emplois créés. Si Bonna Sabla mise beaucoup sur l’activité voussoirs, c’est au regard de la relance réussie de son usine de Bruz en Ille-et-Vilaine. En grande difficulté en 2013, le site fabrique aujourd’hui les voussoirs des 8 km de tunnels de la deuxième ligne du métro de Rennes. Un contrat à 27 millions d’euros qui représente déjà plus de 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, filiale depuis 2005 du groupe européen Consolis.

L’atout du transport fluvial.

« Nous investissons aujour- d’hui, car nous croyons beaucoup au potentiel de marchés qui découleront du Grand Paris dans les quinze années à venir », expose Bruno Lemière, directeur Grands projets chez Bonna Sabla. La botte secrète de l’entreprise, c’est la position stratégique du site de Conflans, à la confluence Seine-Oise. « Nous avons une approche multimodale : en parallèle du transport routier permis par notre proximité avec Paris, nous pouvons développer le transport fluvial grâce à notre quai sur la Seine. Les pouvoirs publics poussent déjà pour ce mode de transport, ce qui nous apporte un argument stratégique dans les appels d’offres », entrevoit Farida Maïbêche-Caperon, directeur opérationnel génies civil et hydraulique. A Conflans, Bonna Sabla étudie déjà la rénovation d’un troisième bâtiment et d’une centrale à béton existante. Bruno Lemière va encore plus loin, imaginant réhabiliter un accès ferroviaire installé il y a cent ans par Aimé Bonna, desservant le site. Des arguments que le spécialiste du béton espère convaincants, car il souhaite s’imposer comme fournisseur de premier rang pour les 200 km de lignes du futur réseau Grand Paris Express.

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ENCADRE

L'état-major de Bonna Sabla

Patrick Mirat, directeur général (et vice-président Infrastructure du groupe Consolis). Farida Maïbêche-Caperon, directeur opérationnel génies civil et hydraulique. Bruno Lemière, directeur Grands projets. Jérôme Lery, directeur du site de Conflans-Sainte-Honorine.

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