Architecture Technique Logement social

Bois à tous les étages

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Bois - Logement social

Sur une parcelle exiguë d’une rue étroite, cet immeuble de logements à structure bois s’immisce à l’alignement du front bâti.

L’opération du 10, rue Dezobry, au centre de Saint- Denis (Seine-Saint-Denis), s’inscrit dans le cadre d’un Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) en cours depuis 2010 : une campagne de résorption de l’habitat insalubre (RHI) menée conjointement par Plaine Commune Habitat, la Ville de Saint-Denis et l’aménageur Soréqa. Il y avait là un immeuble indigne que la Ville a préempté. A sa place s’élève désormais un bâtiment de cinq étages plus combles, sans parking. Dix logements sociaux en PLAI (prêt locatif aidé d’intégration), du studio au 5-pièces, ainsi qu’un local d’activité y sont répartis. « Nous avons cherché à rationaliser l’organisation des logements autour du noyau central de circulation verticale. Tous sont conçus sur le même principe, afin notamment d’empiler les salles d’eau. Les pièces se superposent, seul le refend séparatif se décale suivant le nombre de chambres distribuées en enfilade par un couloir », explique l’architecte Jean-Thibaut Bernard. Et d’ajouter : « Les pièces communes, prolongées à l’extérieur par un balcon filant sur toute la largeur de l’immeuble, donnent sur le jardin, tandis que les chambres sont sur la rue, peu bruyante. » Un peu faible pour le 5-pièces, la surface du séjour est généreuse pour les autres logements.

Performance thermique.

En raison de l’exiguïté de la parcelle et de sa difficulté d’accès, la maîtrise d’ouvrage suggérait d’emblée une construction faisant appel à la filière sèche s’inscrivant, en outre, dans une démarche environnementale. Pour répondre à ces contraintes, l’architecte s’est associée dès le concours à l’entreprise bois autrichienne KLH. Le système constructif adopté se compose d’un socle en béton armé sur lequel reposent six niveaux de structure en bois – murs et planchers -, y compris les cages d’ascenseur et d’escalier, et se termine par une charpente traditionnelle. Côté jardin, les balcons filants en béton sont coupe-feu. Les panneaux de bois d’épicéa lamellé croisé, préfabriqués en Autriche avec les percements et les réservations, ont été assemblés sur place. Le croisement des fibres permet d’obtenir une faible dilatation et une bonne performance thermique. Le montage a été effectué en neuf jours.

Coopérative d’entretien.

Quasi invisible, la structure bois du bâtiment est habillée d’un bardage métallique nervuré résistant aux chocs. A l’ouest côté rue, l’acier thermolaqué blanc réfléchit la lumière. Jouant l’agent de liaison, les ouvertures reprennent le gabarit et s’alignent sur celles des immeubles contigus. Les volets, comme découpés dans la peau métallique, se plient pour s’ouvrir en saillie. La maîtrise d’ouvrage a mis en place un système de coopérative d’entretien des parties communes, dont le jardin, pour alléger les charges : les produits sont fournis, mais le nettoyage est effectué par les locataires. A eux de s’organiser, ils s’y engagent en signant leur bail !

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Plaine Commune Habitat/BâtiPlaine. Aménageur : Soréqa. Maîtrise d’œuvre : JTB Architecture. Siham Laadjal, chef de projet. BET : Arpente (structure bois), EGSC (TCE, économiste). Principales entreprises : KLH/Lignatec (panneaux BLC) ; LCIDF (terrassements, fondations, gros œuvre). Surface : 761 m2 SP. Coût des travaux : 1,4 million € HT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X