Métier

Biotope réconcilie écologie et croissance économique

Mots clés : Conjoncture économique - Démarche environnementale

Le bureau d’études français a créé le marché de l’ingénierie écologique. Leader, il exporte son savoir-faire jusqu’en Chine.

En écologie, un biotope est un milieu biologique homogène, propre au développement d’une ou plusieurs espèces, de surface limitée. Mais en termes de bureau d’études, l’aire géographique de Biotope s’est considérablement agrandie depuis sa création en 1993 près de Montpellier. Le leader français de l’ingénierie écologique et de la conservation de la nature s’attaque aujourd’hui au marché chinois naissant, après avoir développé 21 implantations en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et à l’étranger (Maroc, Madagascar).

Tandis que se mettait en place le cadre réglementaire autour de la protection de la nature dans l’Hexagone, Frédéric Melki, docteur en pharmacie, a créé son bureau d’études avec quelques naturalistes passionnés pour « accompagner tout projet d’aménagement, de sa conception à son exploitation, en réglant tous les écueils réglementaires liés aux normes environnementales ». L’objectif était de mettre en place une structure indépendante d’experts en écologie, capables de dialoguer avec tous les acteurs concernés : élus, aménageurs, associations et scientifiques. La jeune société a connu un lent développement au cours de ses premières années, le temps que s’estompe l’indifférence des élus et des aménageurs et que se structurent un marché et un métier qui n’existaient pas auparavant.

Filet de sécurité pour orchidées.

De 2002 à 2012, à la faveur d’un corpus réglementaire qui s’étoffe et du lancement de grands projets d’aménagement, le marché se développe et l’effectif de Biotope passe d’une douzaine de personnes à plus de 200 collaborateurs (botanistes, faunistes et environnementalistes, ingénieurs, paysagistes, juristes…). Pendant les phases amont des projets, les experts de l’entreprise réalisent des évaluations préliminaires, des études réglementaires d’impact… Durant les phases opérationnelles, les écologues assurent le suivi de chantier et prodiguent aux entreprises formations et conseils, leur expliquent le plan environnemental, les sensibilisent aux plantes à protéger, élaborent avec elles les solutions de préservation. Frédéric Melki cite l’exemple de cette falaise de la Réunion équipée d’un filet spécialement conçu pour protéger des éboulements les ouvriers d’un chantier tout en ménageant les orchidées rares qui poussent sur le rocher. Enfin, au cours de l’exploitation, le bureau d’études peut aider à la mise en œuvre de mesures compensatoires lorsqu’il subsiste un impact résiduel sur la biodiversité et les milieux naturels. Il s’agit alors de créer les conditions favorables à la conservation des espèces à proximité du site du projet.

Ces missions, Biotope les mène pour les énergéticiens qui implantent des réseaux ou des parcs éoliens, mais aussi pour SNCF Réseau dans le cadre de nouvelles lignes à grande vitesse, ou encore pour des aménageurs…
Parallèlement à ses activités de conseil, l’entreprise a ouvert sa propre agence de communication et sa maison d’édition afin de partager avec le plus grand nombre les connaissances acquises sur le terrain, sous forme de conférences ou de publications scientifiques.
Si l’ingénieriste a échappé à la crise de 2008 grâce au plan de relance qui a favorisé son activité, la crise du financement public en 2012 a eu raison de sa croissance annuelle de 30 %. Cet arrêt brutal a décidé le fondateur et président du bureau d’études à se tourner vers l’international et à exporter le savoir-faire accumulé depuis vingt ans. Outre ses filiales au Maroc et à Madagascar, Biotope est intervenue dans une quarantaine de pays. En Chine, où le marché est à créer – « c’est la France d’il y a vingt-cinq ans », estime Frédéric Melki -, Biotope a ouvert une filiale en 2014 et accompagne l’Agence française de développement (AFD) et des ONG locales dans la conception du projet de restauration écologique de la zone humide de Panjin, 300 000 hectares, la plus grande roselière du monde.

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