Autres

« Biocalcis générera d’autres innovations »

Mots clés : Innovations

Trois questions à Annette Esnault-Filet, chef de projet chez Soletanche Bachy.

Annette Esnault-Filet a contribué au perfectionnement d’un procédé biologique révolutionnaire de renforcement des sols. Son travail a été récompensé par les Trophées des TP et les Prix de l’innovation Vinci.

Comment êtes-vous entrée dans le « monde du BTP » ?

Au départ, je me destinais à une carrière dans l’industrie pétrolière, avec un diplôme en génie chimique obtenu à l’IUT de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. Mais, devant l’absence de débouchés dans le secteur pour moi, je me suis tournée vers le « monde du BTP », que je méconnaissais totalement, en entrant dans les années 1980 au laboratoire de Bachy et en complétant ma formation en matériaux minéraux au Cnam. Je travaillais sur des problématiques liées à l’environnement, et notamment au traitement des déchets (stabilisation) et des sols pollués (décontamination, confinement). Mes recherches m’ont alors conduite, au milieu des années 2000, à m’intéresser à la biocalcification, dans le but de mettre au point de nouvelles techniques pour lutter contre les phénomènes de liquéfaction des sols.

Qu’est-ce que la biocalcification ?

Il s’agit d’une technique de consolidation des sols basée sur la formation d’un « ciment » biologique. Le principe est d’injecter une suspension de bactéries – à base de Sporosarcina pasteurii, présentes naturellement dans le sol -, puis de stimuler ces dernières à l’aide d’une solution calcifiante qui les conduit à fabriquer elles-mêmes, par réaction enzymatique, des « ponts de calcite » entre les particules du sol, formant ainsi une sorte de squelette rigide. Nos recherches ont consisté, durant une dizaine d’années, à améliorer l’efficacité de la biocalcification, en passant de la paillasse à des expérimentations grandeur nature, ce qui a donné naissance in fine au procédé Biocalcis et a permis le dépôt de plusieurs brevets. Des chantiers expérimentaux, dans différents types de terrain, ont été réalisés, notamment sur un mur en sol renforcé, et des travaux sont prévus en 2016.

Votre travail a été plusieurs fois récompensé. Que cela signifie-t-il pour vous ?

Ces récompenses sont un encouragement à aller plus loin. Nous les considérons davantage comme des opportunités pour favoriser le déploiement de ce nouveau procédé de biorenforcement de sol plutôt que comme un aboutissement. Nous entrevoyons déjà plusieurs autres possibilités d’utilisation de procédés biologiques dans notre profession, notamment dans le domaine de l’étanchéité des sols. Ces récompenses signent le début d’un changement de paradigme dans le secteur de la géotechnique.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X