Réalisations

Bigoni Mortemard Médiathèque Paris Xe

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Établissements pénitentiaires et judiciaires - Manifestations culturelles

La subtile métamorphose de la prison Saint-Lazare en médiathèque suggère qu’il n’y a qu’un pas pour passer de geôle à institution culturelle. Mais les qualités d’usage du nouvel équipement découlent en fait des choix techniques audacieux, au service de ses qualités patrimoniales.

Il flotte comme un air d’Italie dans le cloître de la médiathèque Françoise-Sagan. Pourtant, c’est au cœur du tissu faubourien étriqué de Paris, à deux pas de la gare de l’Est, que les architectes Stéphane Bigoni et Antoine Mortemard ont planté les palmiers à l’ombre desquels les lecteurs peuvent se prélasser. La cour austère de l’ancienne prison Saint-Lazare, construite dans les années 1820 par Louis-Pierre Baltard – le père -, a muté en un jardin exotique où l’on circule sur des sentes minérales très graphiques. « La cour offre un microclimat favorable à une métamorphose de cet ancien espace carcéral. En contrepoint de l’architecture réglée des lieux, nous proposons qu’une végétation luxuriante s’empare de la cour », expliquent les architectes. De fait, c’est l’association de ce paysage avec l’ordonnancement néoclassique des loggias qui rythment les façades de l’ancienne infirmerie de la prison, et où flottent désormais des voilages écrus, qui confère au lieu une atmosphère très méditerranéenne. Mais en réalité, point de loggia à l’horizon. Maîtres dans l’art du dosage effort réalisé/effet produit, les architectes ont en fait donné de l’épaisseur à la façade d’origine en pierre de taille en reculant de 90 cm le mur-rideau vitré qui la ferme pour faire croire à des galeries de plein air. Et si c’est l’apport poétique de ce détail qui frappe en premier, il n’est que la partie visible du projet de reconversion ambitieux et maîtrisé de cette ancienne prison, inscrite depuis dix ans à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques mais abandonnée depuis...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 244 du 16/09/2015
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