Enjeux

Big Bag’N Go vous débarrasse de vos gravats

La jeune pousse parisienne commercialise une solution pour collecter les déchets non dangereux sur les chantiers.

En effectuant lui-même le curage de son appartement parisien, en 2009, Arnaud Rongier, alors salarié du cabinet d’audit Deloitte, réalise à ses dépens qu’il est très compliqué de se débarrasser de déchets usuels de chantier : 4 m de gravats à mettre en décharge soi-même, c’est la croix et la bannière. A peu près au même moment, dans le cadre de ses fonctions, il travaille au dossier d’une fusion-acquisition dans le secteur des déchets du BTP. De ces expériences naît l’idée d’intervenir sur ce marché pour faciliter la tâche aux particuliers et aux entreprises de bâtiment. Big Bag’N Go voit donc le jour en mars 2011, avec un capital social constitué du chèque d’indemnité de départ que son fondateur touche en quittant son ancien job.

La jeune société propose des sacs de 1 m ou 2 m pour stocker les déchets non dangereux. « Notre solution se positionne sur les chantiers où il n’y a pas de place pour utiliser une benne, ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de gravats pour justifier d’en installer une », explique Arnaud Rongier. Dans la majorité des cas, donc, il s’agit de rénovations en milieu urbain. Pour le fondateur, « toute la magie » de l’affaire réside dans le système de collecte. En un coup de fil, 24 heures à l’avance, il est possible de commander un camion qui viendra prélever le « bag » sur le site afin de l’ache miner vers les filières réglementaires de traitement des déchets. « Les professionnels se rendent parfois trois ou quatre fois par semaine à la déchetterie, observe Arnaud Rongier. Nous leur faisons éco nomiser ce temps-là. » La flotte de Big Bag’N Go est constituée de trois véhicules qui se chargent de 80 % des collectes, les 20 % restants étant assurés par des partenaires. Un algo rithme permet d’optimiser les trajets quotidiens des camions selon l’emplacement des « bags » à récupérer. Il sera bientôt possible de commander un véhicule directement sur le site Internet de la start-up.

Il suffit de s’y prendre 24 heures à l’avance pour commander le camion qui collectera le « bag ».

Objectif : 30 000 « bags » récoltés en 2017. Grâce à cette offre simple d’utilisation, la société voit son activité croître de manière régulière jusqu’en 2014, année d’une première levée de fonds (500 000 euros). L’activité explose alors : en 2015, Big Bag’N Go a collecté 7 000 sacs et devrait atteindre 15 000 cette année, 30 000 l’année prochaine. Le chiffre d’affaires suit la même tendance, avec 525 000 euros en 2015, et des prévisions de 1,2 million en 2016 et 2,5 millions en 2017. Les clients vont de l’entreprise artisanale au grand groupe, en passant par les particuliers. Les produits de Big Bag’N Go sont accessibles dans des dizaines de points de vente de grandes surfaces de bricolage.

Jusqu’à maintenant, l’entreprise de six salariés n’est intervenue qu’en Ile-de-France. Mais la jeune pousse envisage de se projeter, dès 2017, en Rhône-Alpes, en Paca et dans le Nord. Projet qui devrait donner lieu à une nouvelle levée de fonds. Il faut dire que le filon du ramassage de gravats semble inépuisable. « Il suffit de regarder les bords de l’A86 pour s’en apercevoir », constate Arnaud Rongier.

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ENCADRE

Arnaud Rongier

2011 Création.

6 salariés.

7 000 « bags » collectés en 2015.

2,5 millions d’euros CA visé en 2017.

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L'avis de l'expert

« La solution proposée par Big Bag’N Go est en train de prendre de l’ampleur. Certains gestionnaires de déchets s’y sont mis. Elle est simple d’utilisation et c’est de la collecte de gravats sur mesure. Toutefois, il faut rappeler que des déchets de différentes natures, pour être recyclés ensuite, ne doivent pas être mélangés ensemble. Ils risqueraient de se contaminer les uns les autres.

Par ailleurs, je reste un peu circonspect sur les tarifs pratiqués par la start-up.

Je ne suis pas tout à fait sûr qu’ils soient perçus comme compétitifs par des entreprises artisanales. »

Laurent Chateau, expert de l’Ademe sur les déchets du BTP.

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