Métier

Béton Direct veut mettre la bétonnière au rebut

Mots clés : Béton - Lieux de travail - Matériel - Equipement de chantier - Produits et matériaux - Télécommunications

Cette start-up lyonnaise a développé une plate-forme web pour livrer les petits chantiers en béton et mortier prêts à l’emploi.

Ravir des parts de marché à… la bétonnière. C’est l’idée qu’a eue Julien Lebourgeois, un cadre dirigeant passé par Lafarge, Cemex et Knauf Insulation, désormais à la tête d’un cabinet de conseil en innovation dans la construction. De son point de vue, les industriels du béton prêt à l’emploi (BPE) ne satisfont plus totalement la demande en matériaux des « petits chantiers ». Il a lancé en avril la plate-forme Internet « Béton Direct », une société de services qui permet d’organiser la livraison et la manutention de béton et mortier « frais », comme il les dénomme, quitte à déroger aux us et coutumes sémantiques du secteur. En quelques clics, le client choisit le type d’ouvrage à réaliser, la quantité de béton dont il a besoin (500 litres minimum) et il peut se faire livrer dès le lendemain par l’un des camions-toupies, pompes ou grues affrétés par la plate-forme. « Nous allons sans doute récupérer quelques parts de marché du béton prêt à l’emploi mais le gros de nos volumes sera la clientèle habituée à la bétonnière pour des ouvrages tels que les dalles, les descentes de garage, les piscines. Ces petits clients représentent un tiers des volumes du BPE », assure Julien Lebourgeois, qui revendique un mètre cube livré plus compétitif que celui réalisé à la bétonnière. La start-up se rémunère en prenant 20 % de commission sur le prix d’achat.

Logistique de détail.

Si la plate-forme a lentement pris ses marques avec les particuliers ces dernières semaines, elle prépare pour septembre des services taillés pour les artisans, comme l’application de tarifs professionnels et le développement de nouveaux contenants pour livrer les produits. Elle veut par exemple remettre au goût du jour les bacs à BPE et mortiers retardés, qu’elle pourra livrer sur plusieurs chantiers grâce à des tournées. « Notre différence avec les industriels est que nous nous adressons au diffus et que nous faisons une logistique de détail. Des petits camions, des petites livraisons [notamment le samedi matin, NDLR], un projet d’application mobile pour passer commande sur un smartphone… Ce fameux service que les industriels ont oublié d’améliorer pour se concentrer sur l’innovation produit », résume le fondateur. Côté produit justement, Béton Direct s’en tient à une gamme restreinte, composée d’une référence de béton par ouvrage (C25/30, C35/45, C30/37, béton de propreté…), avec différentes options en sus. « Notre gamme est courte mais nous préférons axer notre valeur ajoutée sur une offre plus large en matière de livraison », explique Julien Lebourgeois. Fort de sa douzaine d’années passée dans l’industrie des matériaux de construction, l’entrepreneur croit en la pertinence de son modèle économique, assurant ne pas se positionner sur le même cœur de cible que les majors cimentiers et autres acteurs installés du BPE.

Plate-forme digitale avant tout, Béton Direct investit aujourd’hui en recherche & développement dans l’amélioration de ses algorithmes, avec en ligne de mire l’optimisation continue de la logistique et des prix pratiqués. Après avoir déjà obtenu 400 000 euros de financement en début d’année, la start-up prépare une deuxième levée de fonds pour la fin de 2016 afin de proposer son service dans trois nouvelles agglomérations en 2017.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Octobre 2015 Création de la société à Lyon.
400 000 euros Levée de fonds début 2016.
12 salariés aujourd’hui.

ENCADRE

L’avis de l’expert

A suivre. « Je ne sais pas comment se passe la distribution du béton prêt à l’emploi dans la région lyonnaise mais, selon moi, ce service est déjà assuré par les industriels et les centrales à béton qui livrent les entreprises et les artisans, même sur les petits chantiers. Je reste un peu dubitatif quant au marché que vise cette start-up, notamment dans la perspective d’une livraison par bacs. En termes de communication par contre, elle est très forte car la notion de béton frais va beaucoup parler aux particuliers. »

Dominique Métayer, président des maçons et carreleurs à la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).

Le Moniteur Boutique
Accéder à la boutique
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X