Réalisations

Berger et Anziutti la Canopée des Halles Paris Ier

Mots clés : Centre commercial - Magasin - Urbanisme - aménagement urbain

Inaugurée deux ans avant la fin du réaménagement du quartier, la Canopée déploie ses ailes au-dessus du Forum des Halles. Mi-centre commercial, mi-équipement, cet objet à sensation n’est pas un « urbicide » de plus sur un site maudit, mais un monument à la mesure du Grand Paris.

Mise en travaux en juillet 2012, la Canopée des Halles s’offre enfin tout entière aux Parisiens. On aurait aimé l’apprécier au cœur d’un quartier complètement réaménagé, mais il faudra patienter. La cité du chantier siègera encore pendant plusieurs mois à l’emplacement du jardin imaginé par David Mangin en couverture du centre commercial souterrain – le Forum – et du plus grand hub de transport francilien, où se croisent trois lignes de RER et quatre lignes de métro. Même si l’on manque de recul visuel, l’ouvrage conçu par Patrick -Berger et Jacques Anziutti s’impose déjà dans le site. Faisons les comptes : son squelette d’acier pèse presque 7 000 tonnes et 18 000 éléments verriers habillent les 2,5 ha de toiture. Tout ici n’est que gigantisme et il est remarquable que cela n’ait pas entravé la qualité de la mise en œuvre. Avec ses 96 m de portée, la Canopée offre au Grand Paris une porte à sa mesure. Entrer par le sous-sol commercial – devenu propriété d’Unibail-Rodamco en contrepartie d’une participation financière au chantier -, c’est découvrir sous son meilleur angle cette forêt de membrures, de plats et de tubes d’acier. C’est se laisser séduire par les courbes organiques des deux ailes bâties, soulignées par la course régulière des montants en aluminium anodisé de leurs façades-rideaux. L’élégante modénature se retrouve d’ailleurs avec la même exigence en face intérieure de la médiathèque et du conservatoire abrités dans les étages, où les circulations offrent une vue imprenable sur la structure de la couverture.

Néoclassique

Par essence, tout ici n’est que flux. La comparaison avec un hall d’aéroport ne doit pas être entendue comme une critique. Avec ses perspectives filantes et son sol continu depuis la rue, le jardin et jusqu’aux intérieurs des nouveaux commerces du rez-de-chaussée, la Canopée fluidifie les parcours émergeant d’un monde souterrain tentaculaire. Abrité et exempté de tous...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 251 du 18/05/2016
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X