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Baudin Châteauneuf, le groupe aux vingt métiers

Fondé en 1919, le constructeur métallique a su se diversifier.

Baudin Châteauneuf a beau être né voilà presque un siècle, il reste un groupe difficile à classer. « Nous ne sommes pas uniquement un constructeur métallique, car nous exerçons d’autres métiers, et ceci presque depuis notre création, en 1919. Nous sommes, par exemple, premier bâtisseur de piscines publiques en France et 50 % du chiffre d’affaires est réalisé en tant qu’entreprise générale », rappelle Damien Colombot, président du directoire de cette société à l’actionnariat familial. Si ce descendant d’un des cofondateurs de l’entreprise se montre à ce point insistant, c’est qu’il estime que Baudin Châteauneuf existe toujours en 2016 en raison, justement, de cet atypisme. Et aussi de qualités héritées de ses fondateurs : « L’entreprise a été créée par Basile Baudin, un entrepreneur, et mon aïeul Georges Camille Imbault, un ingénieur qui a conçu des ponts métalliques partout dans le monde. Le groupe en a gardé cette dimension à la fois entrepreneuriale et technique. »

Maîtriser les process techniques.

Producteur de pylônes électriques à l’origine, l’entreprise s’oriente rapidement vers la construction de ponts et charpentes métalliques. « Les diversifications ont souvent un rapport avec notre cœur de métier, comme PCB (précontrainte) ou Prosoudure (soudure). Mais il y a des exceptions, comme Sylvamétal (entreprise générale pour bâtiment en bois) ou Neoximo (promotion) », note Jérôme Miran, directeur des services généraux. Une visite du siège, à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret), permet de comprendre l’importance de l’activité métal : sur les 31 000 m² occupés, une grande partie l’est par trois halls dans lesquels sont découpées et soudées d’immenses plaques d’acier. Un travail de haute précision. « Nous sous-traitons très peu. La philosophie de l’entreprise est de parfaitement maîtriser tous les process techniques », explique le président du directoire. Baudin Châteauneuf réalise ainsi la voile photovoltaïque de la future Cité musicale de l’île Seguin (Hauts-de-Seine) pour le compte de Bouygues.

Fort de ses 1 300 salariés, le groupe exerce aujourd’hui une vingtaine de métiers à partir de 18 implantations en France. L’entreprise, qui a réalisé 275 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, contre 285 en 2014, se développe le plus souvent par croissance externe. Elle a ainsi repris il y a trois ans la société de traitement de surface Spir. Mais pour Baudin Châteauneuf, comme pour tout le BTP français, les temps sont durs. « Jusqu’en 2012-2013, les marges se montaient à 3-4 %. En raison de prix tirés, nous sommes à présent autour de 2 % », note Damien Colombot. Pour s’en sortir, l’export est une des solutions : « Depuis trois ans, nous avons décidé de repartir à l’étranger, mais nous ne voulons pas faire plus de 10 % de l’activité hors de France car l’aventure peut être dangereuse. » La solidité financière est le prix de la liberté pour l’une des rares ETI de la construction hexagonale.

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L'état-major de Baudin Châteauneuf

Damien Colombot, président du directoire ; Pierre Masson , directeur du pôle entreprise générale ; Thierry Crosnier, directeur du pôle métal.

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