Enjeux

Batibig, le petit plombier qui voit grand

Mots clés : Métier de la construction - PME

Cinq PME acquises en dix ans. Partis de rien, les frères Bignon n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin.

Pour Charles Bignon (41 ans) et son frère Justin (37 ans), la grande aventure de l’entrepreneuriat a commencé il y a dix ans. Ensemble, ils dirigent Batibig, un groupe spécialisé en plomberie, couverture, étanchéité, chauffage, qui a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014 pour 130 salariés. Batibig ne développe en fait aucune activité propre. Il s’agit d’une holding détenant des parts dans cinq PME franciliennes, dont Chapeau, par laquelle toute l’histoire a commencé.

Tous deux diplômés d’une école de commerce – Sup de co Rouen pour Charles et l’Essec pour Justin -, ils ont « depuis leur plus jeune âge la soif d’entreprendre ». En 2005, ils décident donc de s’associer pour acheter Chapeau, une petite entreprise de plomberie de six salariés basée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Si l’aîné s’est déjà familiarisé avec le secteur du bâtiment en intégrant une société d’étanchéité, le cadet a passé cinq ans chez Oliver Wyman, un cabinet de conseil en stratégie et en management, à Londres et Paris. Leurs premières armes en tant que chefs d’entreprise s’apparentent à un parcours du combattant. Chapeau a été acquise pour l‘euro symbolique mais avec 50 000 euros de dettes. Les deux frères ne peuvent donc compter sur aucun crédit bancaire. Pour couronner le tout, ils doivent, au pied levé, remplacer sur les chantiers leur seul conducteur de travaux, en arrêt maladie pour quatre mois. Un mal pour un bien : ils vont apprendre le métier « à la vitesse grand V ».

Une taille critique.

« Au début, nous n’étions pas de très bons techniciens, reconnaissent-ils. En revanche, nous étions de bons vendeurs. » Progressivement, avec pour fil conducteur le service aux clients, ils parviennent à remettre Chapeau à flots. Et songent presque aussitôt à se développer. En 2009, ils acquièrent Sogecop (1) en s’alliant avec leur cousin, Adrien Mullier. Celui-ci, actionnaire minoritaire avec un tiers des parts, devient gérant de l’entreprise. Par la suite, les jeunes patrons reprendront trois autres PME (en 2013, 2014 et 2015), cette fois dans le cadre de LBO (rachat par endettement), mais toujours selon le même schéma : ils contrôlent les deux tiers des actions et confient les rênes de la société à leur associé (minoritaire). « Toutes ces entreprises ont au moins cinquante ans d’existence, avec la plomberie comme activité de base et une spécialité complémentaire, à chaque fois différente, qui permet d’élargir l’offre du groupe. La clientèle se compose essentiellement de copropriétés », précisent-ils.
Aujourd’hui, Charles et Justin Bignon estiment qu’ils ont atteint la taille critique pour se positionner sur le marché tertiaire. Soucieux de se concentrer sur cette deuxième phase de développement, ils viennent de passer la main pour la gestion opérationnelle de Chapeau. Car cette conquête de nouveaux clients se doublera de l’acquisition d’autres PME. Ils avouent avoir déjà « deux projets dans les tuyaux ».

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Les cinq entreprises de Batibig : Chapeau à Saint-Ouen (3 M€ de CA, 25 salariés), Sogecop à Issy-les-Moulineaux (3,5 M€ de CA, 30 salariés), Portheault à Paris (2,5 M€ de CA, 20 salariés) ; Vincent à Clichy-la-Garenne et Saint-Ouen (2,5 M€ de CA, 20 salariés) ; et Epel à Paris (6 M€ de CA, 30 salariés).

(1) Lauréate des Prix Moniteur de la construction en 2013 dans la catégorie « Repreneur-créateur ».

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