Régions

Bassin Minier Oignies et Drocourt décrochent l’Europe

Mots clés : Manifestations culturelles - Politique européenne

Deux projets ambitieux de la communauté d’agglomération d’Henin-Carvin (CAHC) viennent d’être retenus pour bénéficier de fonds Feder dans le cadre de l’appel à projets d’excellence territoriale. Le parc des Iles, à Drocourt, est doté de 2,1 millions d’euros et le site du 9/9 bis, à Oignies, bénéficie d’une aide de 3,6 millions d’euros.

Ces subventions permettent de lancer la seconde phase de reconversion de ces sites miniers. Sur l’ancien emplacement des cokeries de Drocourt (45 ha), le projet du parc des Iles conçu par le paysagiste Ilex en est à mi-chemin. Sept millions d’euros ont déjà été investis pour créer un bassin de six hectares ponctué d’îles. Mais cette première tranche n’a pu être mise en service en raison d’un effondrement au fond du bassin lié à l’existence d’un réseau de galeries de service. La CAHC est en négociation avec Charbonnages de France et le liquidateur pour obtenir 700 000 euros, le coût des travaux nécessaires au comblement de ces galeries et aux dépollutions complémentaires.

Le feu vert du Feder permet néanmoins de lancer une seconde tranche de travaux de sept millions d’euros. Sous réserve du feu vert des élus, les appels d’offres concernant l’achèvement de l’aménagement des abords seront lancés fin 2009. Et le concours d’architecture pour la construction d’une maison de l’environnement est prévu l’an prochain.

La CAHC peut aussi enclencher la seconde phase des travaux d’aménagement du site du 9/9 bis à Oignies, un investissement de 16 millions d’euros. La première phase avait permis d’assurer les travaux de desserte, de construire un premier bâtiment tertiaire et d’aménager les abords.

Parcours patrimonial

L’équipe Hérault et Arnod (mandataire du groupement composé de Cap Paysage, Café Programmation et le BET Michel Forgue) peut maintenant préparer les dossiers de consultation des entreprises. Au programme, un parcours patrimonial dans les bâtiments classés Monuments historiques, l’aménagement des espaces de séminaires dans les bâtiments inscrits et surtout la construction du Métaphone, une salle de concert de 500 places qui ancrera la vocation culturelle de ce site.

Les récents vols de cuivre rendent les moteurs des anciens ascenseurs du puits inutilisables, mais le site garde toute sa puissance sur le plan patrimonial.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

« Tout laisse à croire que la France présentera notre dossier »

Jean-François Caron, président de Bassin minier Unesco

La commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) vient de protéger 70 édifices du bassin minier. Pourquoi cette mobilisation ?

Elle s’inscrit dans le cadre de notre candidature pour une inscription au patrimoine mondial. Notre territoire, qui s’étend sur 120 km de long et 160 communes, conserve l’empreinte de l’activité minière à travers toutes sortes de signes comme les terrils, les chevalements ou les cités minières. L’Unesco nous a demandé un inventaire. Depuis 2003, un travail considérable a été mené par la mission Bassin minier et les services de la Drac. Nous avons aussi constitué des bases de données informatisées et des études paysagères.

Quel est l’enjeu de cette candidature et quel est le calendrier ?

Nous sommes candidats au titre de « Paysage culturel évolutif ». Nous voulons garder ce qui fait notre qualité urbaine tout en transformant nos villes. L’Unesco s’intéresse au patrimoine comme vecteur de développement. C’est un dossier hors normes. L’Unesco n’a jamais classé à une telle échelle. En octobre, l’Etat français choisira, parmi une trentaine de projets, le seul dossier qu’il présentera à l’Unesco en janvier 2010. Tout semble dire que ce sera le nôtre. L’Unesco aura alors 18 mois pour l’instruire et aboutir à un éventuel classement à l’été 2011.

MQu’attendez-vous des acteurs de terrain ?

Nous devons nous engager sur un plan de gestion pour préserver cette qualité patrimoniale. Nous allons donc établir des accords avec les agglomérations, les communes et les grands propriétaires comme Maisons et cités (en particulier pour 40 cités minières exceptionnelles) ainsi que l’établissement public foncier (EPF) et les départements (pour les terrils). Nous avons prévu d’apporter une focale sur une quinzaine de « secteurs miniers remarquables » qui présentent tous les signes intéressants. Les élus sont invités à prendre des engagements qu’ils traduiront dans leurs documents d’urbanisme. L’idéal serait d’avoir des zones de protection du patrimoine architectural (Zappaup) comme il y en a déjà sur Carvin.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X