Territoires Grand Sud-Ouest

Avis défavorable aux prolongements de la LGV vers Toulouse et Dax

Mots clés : Transport ferroviaire

C’est un coup de tonnerre pour les grands projets ferroviaires et, surtout, pour les territoires du Sud-Ouest. Au lendemain des élections départementales, les élus ont appris, le 30 mars, que la commission d’enquête sur les lignes nouvelles du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) venait de rendre un avis défavorable sur les lignes nouvelles Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, prolongeant la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux (302 km) qui sera livrée en 2017. Les enquêtes, qui se sont déroulées fin 2014, étaient coordonnées par Michel Delpuech, préfet de la région Aquitaine, qui a pris officiellement, quelques jours après, ses nouvelles fonctions de préfet du Rhône et de Rhône-Alpes.

Présidée par Daniel Maguerez, la commission d’enquête a fondé son avis sur plusieurs points d’achoppement. D’abord, une forte opposition locale au projet dans les territoires intermédiaires : « L’enquête a connu une forte mobilisation des particuliers mais aussi des syndicats professionnels, des associations et des collectivités locales. Aucune catégorie, même les entreprises, n’est majoritairement favorable au projet. Les communes rurales y sont très opposées dans la partie nord du tracé et sont plutôt résignées au sud. Au final, la commission n’a pas décelé l’expression d’un véritable besoin de lignes à grande vitesse dans le Sud-Ouest. »

Rentabilité socio-économique insuffisante.

Le deuxième point d’interrogation est de nature socio-économique. En effet, l’infrastructure est « lourde » alors que le gain, lui, est aléatoire : « Le service rendu aux usagers ne peut être garanti par le maître d’ouvrage et sera défini par la SNCF selon des critères de rentabilité qui lui sont propres. [] La rentabilité socio-économique est insuffisante. » A quoi s’ajoute un risque d’une métropolisation accrue, de Toulouse et Bordeaux, au détriment des villes moyennes (Agen, Mont-de-Marsan) et des zones rurales intermédiaires. Par ailleurs, la commission déplore que les pistes alternatives à la LGV aient été insuffisamment exploitées.

Troisième élément clé, le financement, qui semble être l’élément le plus incertain du projet : « De nombreuses collectivités territoriales ne respectent déjà pas leurs engagements pour le financement de la LGV Tours-Bordeaux. Compte tenu de la réduction de la dotation de l’Etat aux régions… la confiance dans ce type de financement est largement entamée. »
Les grands élus ont demandé à rencontrer Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux Transports. Dès à présent, SNCF Réseaux, maître d’ouvrage, va poursuivre la discussion pour répondre aux points soulevés par l’enquête publique. Le gouvernement a dix-huit mois pour décider ou non de l’utilité publique. Conséquence immédiate, plusieurs financeurs publics du Grand Sud-Ouest devraient geler, ou annuler, leur participation au financement de la LGV Tours-Bordeaux, dont le budget s’alourdirait ainsi de 300 millions d’euros non budgétés.

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