Annuel aménagement

AVIS D’EXPERTS Une troisième voie entre ville et nature

Mots clés : Aménagement paysager - Eau - Energie renouvelable

CYRIA EMELIANOFF Géographe maître de conférences à l’université du Maine

La France reste-t-elle en retard par rapport à ses voisins européens dans la gestion alternative des eaux pluviales ?

Ces techniques sont un élément essentiel des écoquartiers. Elles en définissent un fonctionnement plus écosystémique, en dessinant un paysage urbain marqué par le végétal. Les premiers quartiers durables nord européens sont sortis de terre à la fin des années 90. Les initiatives françaises les plus avancées sont en voie d’achèvement. Pour des raisons sanitaires et sécuritaires, le cadre relatif à l’utilisation des eaux pluviales a longtemps interdit beaucoup de choses. Il évolue. La tradition centralisatrice a aussi freiné l’essor des initiatives locales, en matière d’énergies renouvelables comme d’écoquartiers. Et ne sous-estimons pas le soupçon d’inégalité territoriale qui a pu peser sur les écoquartiers, « bulles écologiques » ou « ghettos de bobos ».

Cette gestion en surface modifie-t-elle le rôle de la nature dans la ville ?

C’est en partie par la contrainte de gestion des eaux pluviales en surface, et donc de la recherche de surfaces propices à l’infiltration dans le sol naturel, que la végétation reprend ses droits. On produit un nouveau paysage urbain, avec des espaces verts propices à la biodiversité, entretenus en prairies de fauche, des zones de phyto-épuration introduisant de nouveaux végétaux en ville, une mise en scène de l’eau dans des espaces d’agrément, de jeux…

Quelles sont les expériences européennes les plus abouties ?

Le quartier EVA-Lanxmeer, à Culemborg (Pays-Bas, voir p. 42), montre qu’on peut réaliser une extension urbaine assez dense sur un champ captant, dans le respect des cycles hydrologiques. Même si l’on peut douter qu’un tel quartier soit reproductible dans un tissu plus dense, il montre une troisième voie entre la ville prédatrice pour les milieux naturels et la préservation des espaces naturels excluant a priori toute urbanisation. Cette voie, en somme, c’est celle de la ville écologique, ou durable.

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