Annuel aménagement

Avis d’experts dépolluer par l’action des plantes

Mots clés : Aménagement paysager - Espace vert - Qualité de l'eau, de l'air et du sol

JEAN-LOUIS DUCREUX Géologue directeur de l’Atelier d’écologie URBAINE

La dépollution par les plantes ne relève plus de l’expérimental. Utilisée pour le traitement des effluents urbains dans les stations d’épuration, elle est aussi employée dans les friches industrielles et militaires. Aux Etats-Unis, plus de 170 chantiers ont utilisé cette méthode et de nombreux brevets ont été déposés. A Tchernobyl, en Ukraine, des tournesols décontaminent les sols et les eaux de certains radionucléides. On a fait le point sur ces évolutions lors du Ve congrès de phytotechnologie à Nanjing, en Chine. Pour faire simple, les plantes qui se développent sur une friche en absorbent les matières indésirables, dont les métaux lourds, par leurs racines (phytoremédiation). A cette capacité s’ajoute celle de dégrader des micro-organismes du sol et des eaux (bioremédiation). Cette alliance se fait au sein d’écosystèmes bien particuliers qu’il faut connaître pour assurer un traitement ciblé. Allier projets urbain et de dépollution dans une seule démarche de conception et de réalisation semble être une stratégie prometteuse. Pour le site de Rhodiacéta à Besançon, nous travaillons avec l’architecte-urbaniste Patrick Duguet et le paysagiste Alfred Peter afin que les deux chantiers s’affinent simultanément. La pluridisciplinarité requise prend tout son sens. Dans cette opération, les grandes lignes de l’étude d’urbanisme dépendent encore de l’analyse des sols à venir. L’équipe de conception a voulu dès le départ valoriser le site et son projet par des actions pédagogiques et de recherche. La Ville de Besançon et l’Atelier d’écologie urbaine étudient des partenariats avec des universités et des laboratoires de recherche. Dès la rentrée, les étudiants de l’IUT HSE de Vesoul (université de Franche-Comté) vont apprendre la gestion des pollutions sur ce site. Et les filières écotoxicologie et géosciences semblent aussi intéressées.

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