Annuel immobilier

Avis d’expert « Je ne crois pas au Bepos à l’échelle du bâtiment »

Mots clés : Démarche environnementale - Matériel - Equipement de chantier

Alain Bornarel, vice-président de l’Institut pour la conception écoresponsable du bâti (Iceb)

Quelle forme aura le bâtiment de demain ?

Le standard actuel des bâtiments tertiaires s’est imposé pour des raisons économiques. Ils se composent de bureaux en open space sur les façades et de salles de réunions en intérieur, avec de grandes surfaces vitrées. Ce besoin de transparence a des conséquences dramatiques en matière de surchauffe des bâtiments et pousse à la climatisation systématique. Complètement contradictoire avec les notions de développement durable ! Le bâtiment de demain aura une trame plus large, une profondeur plus réduite et une façade en partie vitrée permettant de bénéficier d’un éclairage naturel. Il devra également pouvoir fonctionner sans climatisation.

Les acteurs sont-ils prêts à faire face aux enjeux environnementaux ?

Jusqu’à maintenant nous avons réfléchi dans le cas d’une évolution climatique lente. Ce n’est plus possible aujourd’hui. Avec la RT 2012, nous avons fait un saut qui me semble insuffisant. Pour 2020, le gouvernement veut déployer le Bepos… mais, 2020, c’est demain ! Et les maîtres d’ouvrages ne sont pas prêts à faire face aux 2 °C supplémentaires annoncés par les experts. Je ne crois pas au Bepos à l’échelle du bâtiment. Un immeuble est fortement consommateur, mais il est incapable d’être fortement producteur d’énergie. A l’échelle du quartier, ou d’une petite ville, nous pouvons développer des systèmes intelligents pour mutualiser l’énergie.

Vous développez la notion de bâtiment frugal…

Les bâtiments construits aujourd’hui coûteront très cher à entretenir demain. L’innovation est onéreuse, les maîtres d’œuvre sont donc tentés d’investir dans des bâtiments « traditionnels ». Or ils doivent pense au « coût global » et se tourner vers les bâtiments frugaux, qui tiennent compte de la rareté des ressources, et privilégier les matériaux biosourcés. Par ailleurs, le bâtiment doit être résilient pour s’adapter à nos modes de vie à venir. Enfin, il doit être « low tech » pour être faiblement consommateur d’énergie, et cela va à l’encontre de ce que l’on entend depuis une trentaine d’années avec la domotique. N’oublions pas que le bâtiment est bête, c’est l’utilisateur qui est intelligent. L’immeuble doit être conçu de la manière la plus simple possible. Il y a un grand pas à franchir entre les édifices conçus aujourd’hui et le bâtiment frugal.

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