Territoires Bassin minier

Avec le PIM « Subileau », Maisons & Cités voit loin

Ils étaient « sortis déçus » de l’annonce du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU), dans lequel seule la cité du 12/14 de Lens apparaissait – confirmation, s’il en était besoin, que l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) n’est pas à l’aise avec le logement individuel. Mais, depuis le 29 juin et la visite dans le Pas-de-Calais de Manuel Valls, l’horizon s’est éclairci chez Maisons & Cités (ex-Soginorpa), qui gère quelque 63 000 logements (occupés par environ 150 000 habitants) dans ce Bassin minier aux caractéristiques si particulières. L’annonce d’un projet d’intérêt majeur (PIM) pour l’aménagement de ce territoire, dans le cadre de la nouvelle géographie de la politique de la Ville, change, en effet, profondément la donne. « Le sujet est posé », se félicite Dominique Soyer, directeur général de Maisons & Cités.

Le sujet ? La réhabilitation thermique de 20 000 logements classés en catégories E, F et G, dont 11 000 en F et G. « La charge équivaut à quatre fois celle d’un bailleur classique », précise Dominique Soyer. Maisons & Cités a prévu d’investir 420 millions d’euros sur ce poste. Mais le soutien de l’Etat était indispensable quand il faut compter entre 60 000 et 80 000 euros pour la réhabilitation d’un seul logement. « Notre problème, c’est qu’il est impossible d’isoler par l’extérieur à cause du classement des cités au Patrimoine mondial de l’Unesco, explique Dominique Soyer. Or, isoler par l’intérieur nous oblige également à repenser la configuration des logements. A la différence des autres bailleurs, nous travaillons beaucoup la question de l’individuel dense et de l’intimité du logement. C’est pourquoi l’engagement à nos côtés de trois ministères [NDLR, du Logement, des Finances et de la Culture] est fondamental. Cela va nous permettre de traiter la qualité architecturale en même temps que l’intégration urbaine des cités, de qualité à la base mais devenues avec le temps monofonctionelles. L’idée est de les ouvrir sur la ville et d’y ramener de l’activité, commerciale, médicale, associative… »

Industrialisation et matériaux biosourcés.

Le pilotage du PIM a été confié à un homme qui connaît bien le Nord en général et le Bassin minier en particulier : Jean-Louis Subileau. Le Grand Prix de l’urbanisme 2001 sera notamment épaulé dans sa mission par Jean-Louis Hélary, ancien directeur de l’équipement de la région Nord-Pas-de-Calais. Les premières études seront rendues en octobre. Dominique Soyer espère ensuite lancer les premiers marchés de travaux très rapidement, dès 2017. « Cette opération nous offre également l’opportunité d’innover, ajoute celui qui a aussi pour lui l’expérience de la ville nouvelle à Villeneuve-d’Ascq. Comment peut-on passer à l’industrialisation ? Utiliser au maximum des matériaux biosourcés ? Entraîner les réseaux de fournisseurs dans cette mécanique ? » Maisons & Cités a déjà mis six maisons minières à disposition de l’association cd2e, à Loos-en-Gohelle, qui œuvre à l’accompagnement des acteurs de l’écotransition, notamment en matière de construction. Après sa transformation en 2014 en entreprise sociale pour l’habitat (ESH), laquelle est venue apporter la preuve de son agilité, Maisons & Cités, dont Standard & Poor’s vient de renouveler la note A +, peut désormais se projeter à dix-quinze ans. « On va avoir le temps de travailler tous nos sujets », se réjouit Dominique Soyer. Le bailleur s’apprête à mettre en place une démarche Vision. Il est rassurant de constater que certains groupes en ont encore une.

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