Enjeux

Avec la baisse des dotations, c’est Canal moins

Mots clés : Etat et collectivités locales - Transport fluvial - Travaux publics

Les canalisateurs fustigent l’attentisme de certaines collectivités locales.

L’état de santé des entreprises de canalisations, qui dépendent de la commande publique à plus de 90 %, est un bon reflet de celui des collectivités locales. Et autant dire que ça ne va pas fort ! Après une année 2015 en chute libre (entre – 6 et – 7 % de chiffre d’affaires en un an), 2016 devrait continuer à accuser le coup. « Nous prévoyons une baisse mais à un rythme plus modéré, de l’ordre de – 3 à – 4 % », analyse le président des Canalisateurs de France Alain Grizaud. Paradoxalement, la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités impacte fortement l’activité, alors que, comme le rappelle Alain Grizaud, « le renouvellement des réseaux d’eau et d’assainissement est inscrit sur des budgets annexes, alimentés par la facture payée par les usagers ». Les canalisateurs sont donc victimes d’un effet de contagion, alimenté par « la frilosité ou la simple posture politique de certains donneurs d’ordres ». L’attentisme généralisé constaté par Alain Grizaud est aussi lié aux incertitudes induites par la loi Notre. Ainsi, la question du transfert des compétences eau et assainissement à des EPCI aux contours encore flous n’est pas encore résolue dans la plupart des territoires. « Cet effet tunnel risque de durer a minima deux ou trois ans », prédit Alain Grizaud.

Les réseaux fuyards pour colmater les pertes.

Pourtant, certains éléments contribuent positivement à l’activité des entreprises – les carnets de commandes semblent d’ailleurs reprendre un peu de vigueur. Pour lutter contre les réseaux fuyards (1 milliard de m3 d’eau traitée perdu chaque année, représentant 100 millions d’euros), les six agences de l’eau ont ainsi mis la main à la poche pour lancer des appels à projets. Les collectivités peuvent bénéficier de subventions représentant jusqu’à 50 % de l’investissement. « Jusqu’ici, cela a permis de débloquer 110 millions d’euros et donc le double de travaux », se réjouit Alain Grizaud, qui espère que ces initiatives seront reconduites. Car le taux de renouvellement des réseaux reste à un niveau dangereusement bas (0,55 %, une canalisation n’est donc en moyenne renouvelée que tous les 180 ans !). Pour Alain Grizaud, si les collectivités veulent investir dans le renouvellement des réseaux, elles le peuvent : « L’argent n’est pas cher, et elles peuvent faire appel aux fonds toujours libres de la Caisse des dépôts et aux fonds européens. » A bon entendeur…

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