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Au stade Pierre-Mauroy, la technologie ne fait pas tout

Gérald Darmanin, vice-président chargé des transports de la Métropole européenne de Lille (MEL), a beau soutenir qu’il n’en a jamais été question, les rames du métro lillois devaient bien doubler en longueur pour l’Euro 2016. Le président de la MEL Damien Castelain vient d’ailleurs de saisir le tribunal administratif à ce sujet. C’est donc une joyeuse pagaille qui s’annonce ce mois de juin ! Pour les touristes, ne pas accorder une confiance excessive aux pictogrammes du stade Pierre-Mauroy accolés à trois noms de station. De toutes les trois, il faut marcher dix bonnes minutes. Et au retour, ça bouchonne pour valider son ticket car, à Lille, billet de match ne vaut pas titre de transport, contrairement à ce qui se pratique à peu près partout en Europe. Quand se profile enfin le « plus beau stade de France » selon ses promoteurs, la déception est à la dimension de l’enceinte. L’endroit est hideux, perdu dans ce plat de spaghetti routier qu’est la métropole. Pour peu qu’il vente on ne tient pas plus de cinq minutes sur l’esplanade.

Le stade est assez réussi sur le plan architectural mais glacial lui aussi. L’ambiance y est artificielle, aseptisée, comme cet après-midi de match de rugby entre le Racing et Toulon. Alors, bien sûr, il y a ce toit de 7 400 tonnes qui se ferme en trente minutes mais le Pierre-Mauroy n’est pas pour autant le Millennium Stadium de Cardiff. Dans les dix derniers rangs, on ne voit plus les écrans géants, barrés par la structure du fameux toit. Et de là-haut, on ne distingue pas non plus les mots du speaker…
Certes, le Pierre-Mauroy peut se transformer en « boîte à spectacles » par la prouesse technique d’une pelouse qui se « range ». Mais il s’avère difficile d’en maîtriser la température intérieure. Depeche Mode refusa d’ailleurs de s’y produire pour cette raison. Mais Rihanna arrive en juillet ! Surprenant de constater que les escaliers présentent déjà des traces de rouille. Quand, dans trente ans, Lille deviendra enfin propriétaire de son bijou, pas certain qu’elle se dise que c’était un bon investissement.

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ENCADRE

Capacité : 50 157 places. Montage : contrat de partenariat (CP). Personne publique : Lille Métropole. Titulaire du CP : Elisa (Eiffage Lille Stadium Arena). Maîtrise d’œuvre et BE : Atelier Ferret et Valode & Pistre avec Egis-Iosis Nord, Arcora, Forclum Ingénierie et Greisch. Entreprises : Eiffage Travaux publics (mandataire), Forclum (courants forts et faibles). Planning du chantier : de septembre 2010 à août 2012 (mise en service). Coût de construction : 324 M€ HT.

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