Territoires Amiens

Au-dessus des toits, les grues s’élèvent à nouveau

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Dans le monde du BTP comme au sein de la sphère politique, on a l’habitude de juger de l’état de forme d’une ville au nombre de grues qui s’élèvent dans son ciel. Et en ce moment, il suffit de prendre un peu de hauteur pour constater qu’Amiens est en train de revenir dans le peloton de tête des cités bâtisseuses. Il y a, bien sûr, le mégachantier de la Citadelle, dont la reconversion en pôle universitaire a été confiée (au cours de la mandature précédente) à l’architecte star Renzo Piano. Mais ça s’active partout dans la métropole. Au nord, où concomitamment à une grosse opération de rénovation urbaine, Frey a débuté le chantier d’un retail park qui va métamorphoser l’entrée de ville. Comme au sud, où l’ouverture du nouveau CHU a manifestement donné un élan. Après quelques années de ralentissement, les travaux de la ZAC Intercampus (créée en 2010) reprennent. Sur ce territoire de 80 ha constitué de plus de 300 parcelles de jardin et de terre agricole, doit pousser à l’échelle de vingt ans une sorte de « ville nature », dans l’esprit des hortillonnages, laquelle abritera un cluster santé et sera desservie par le futur bus à haut niveau de service (BHNS). Ellipse assure, avec le paysagiste Thierry Laverne, Urbatec et l’Agence Houyez, la maîtrise d’œuvre urbaine de cette opération de 88 millions d’euros et 2 000 logements.

Changement d’état d’esprit.

Le centre-ville résonne également de bruits d’engins, dans le quartier Saint-Germain-Les Halles, qui voit la rénovation du marché couvert s’accompagner d’un programme de 174 logements dont 120 étudiants (Opac/Edouard Denis), comme sur le site de l’ancienne friche de la Fosse-au-Lait (lire « Le Moniteur » du 29 avril 2016, p. 33). Sans parler du quartier en devenir dit Gare la Vallée (lire « Le Moniteur » du 20 novembre 2015, p. 40), où, entre logements, bureaux et parcs urbains, les élus aimeraient réorienter l’ancienne halle Freyssinet-Sernam vers le domaine du numérique. « Si les projets commencent à sortir c’est, d’une part, parce que nous évoluons dans un contexte plus favorable mais, d’autre part, parce que depuis deux ans que nous nous trouvons aux manettes, nous nous sommes employés à changer l’esprit des services de la Ville, explique Jean-Christophe Loric, maire adjoint (MoDem) chargé de l’urbanisme et du logement. Le mieux étant l’ennemi du bien, on peut toujours empêcher un projet. A contrario, nous essayons de trouver la marge de manœuvre réglementaire qui va permettre à l’opération de démarrer. Par exemple, pour pouvoir enclencher la reconversion en lieu de séminaires d’une ferme située à l’ouest de la ville, nous avons joué avec la disposition STECAL du Code de l’urbanisme, qui autorise sous certaines conditions à construire en zone naturelle. Modifier le PLU [plan local d’urbanisme] est toujours très lourd, nous nous bornons donc à le faire deux fois par an. Mais le reste du temps, il faut que la ville continue à vivre… » A son arrivée à la tête d’Amiens Aménagement au printemps 2015, Jean-Christian Cornette nous avait bien prévenus : on allait très vite revoir un paysage en mouvement et des grues à Amiens.

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