Territoires Nantes

Au cœur de l’île de Nantes, le quartier des Fonderies achève sa mue

Les frères Babin-Chevaye seraient bien surpris de voir comment a évolué le site où ils créèrent, en 1908, une fonderie qui perdura jusqu’en 2002. Seule trace de ce glorieux passé, les fours et une halle qui font la singularité d’un jardin urbain autour duquel a pris naissance un nouveau quartier. Pour clore cette mutation, un îlot, occupé par une concession automobile, restait à aménager. « Bien qu’entièrement privé, le projet entre Citroën, le vendeur, et Ataraxia, l’acquéreur, devait tenir compte du cadre d’intervention défini par les architectes-urbanistes Smets et Depuydt », explique Alain Bertrand, directeur général adjoint de la Société d’aménagement de la métropole Ouest Atlantique (Samoa).

« Générer des porosités visuelles et piétonnes ».

Pour mener à bien ce vaste projet de 16 500 m2 mêlant bureaux (3 000 m2), commerces (2 000 m2) et 174 logements, le promoteur Ataraxia confie le projet, à la fin 2013, à Farshid Moussavi, une architecte d’origine iranienne installée à Londres, ainsi qu’un des quatre lots au jeune cabinet d’architecture nantais Raum. Mais les premiers plans de la « starchitecte » déçoivent. « Son travail sur les logements et la question de l’usage ne nous ont pas semblé satisfaisants », raconte Jean-François Le Roux, directeur de l’agence nantaise d’Ataraxia. Un permis de construire refusé vient mettre un terme définitif à la collaboration. Raum reste alors sur le projet mais, en accord avec la Samoa, le promoteur fait appel à l’agence bordelaise Leibar & Seigneurin pour remplacer Farshid Moussavi. Tout s’arrange. Citroën accepte de retarder la vente de six mois, au 16 juillet 2016, le temps nécessaire pour réaliser les démolitions, le diagnostic archéologique et concevoir un nouveau projet avec cinq immeubles jusqu’au R + 9. « Nous nous sommes efforcés de proposer une implantation en lanières pour une plus grande fluidité des espaces publics et générer des porosités visuelles et piétonnes », indique Anne Tannière, en charge du projet chez Leibar & Seigneurin. D’ailleurs, l’équipe de maîtrise d’œuvre comprend le concepteur du jardin des Fonderies, l’Atelier Doazan + Hirschberger, qui va s’attacher à conserver une continuité dans les revêtements de sol. Mais surtout, les architectes vont travailler sur la qualité intrinsèque des logements. « Nous avons mis en œuvre une grande diversité de configurations spatiales afin de générer autant de manières d’habiter, insiste Anne Tannière. L’enjeu est d’offrir une véritable diversité, de “ continuer ” la ville. »

Le permis de construire est purgé, les appels d’offres en cours, et les travaux – qui doivent coûter 20 millions d’euros avec les aménagements – pourront démarrer en janvier 2016. L’objectif est d’étaler les livraisons des cinq immeubles entre juin 2017 et juin 2018.

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