Territoires Nord

Atmo reprend la surveillance de la radioactivité ambiante

Al’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air (21 septembre), Atmo Nord-Pas-de-Calais (1), association régionale d’évaluation de l’atmosphère du réseau Atmo France, a annoncé avoir repris la surveillance de la radioactivité ambiante, suspendue depuis deux ans, faute de moyens. Cette surveillance a démarré à Lille, en 1990, suite à la catastrophe de Tchernobyl. Elle a été étendue en 1997 au Dunkerquois à l’initiative de la Commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire de Gravelines (la plus puissante d’Europe de l’Ouest avec ses six réacteurs de 900 MW), les acteurs locaux souhaitant se doter d’un dispositif indépendant complémentaire de celui de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). La densité d’installations nucléaires dans un rayon de 150 km autour de Dunkerque est, en effet, particulièrement importante avec, outre la centrale de Gravelines, la Société de maintenance nucléaire (Somanu-Areva) à Maubeuge et d’autres centrales au Royaume-Uni et en Belgique.

Mesures en continu.

Toutefois, en 2014, confrontée à l’obsolescence du matériel de mesure et « en l’absence de financement », Atmo Nord-Pas-de-Calais se voyait dans l’obligation d’interrompre sa surveillance. Lorsque le sujet est la santé publique, un tel manque de subsides laisse toujours perplexe, surtout au regard des sommes nécessaires : de 90 000 à 100 000 euros pour trois balises, et un coût de fonctionnement annuel de 23 000 euros… Par chance, la région Hauts-de-France et la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) ont retrouvé une cagnotte pour permettre à Atmo Nord-Pas-de-Calais de reprendre le cours de sa mission. Trois nouvelles stations fixes viennent d’être installées, à Gravelines, Malo-les-Bains et Marcq-en-Baroeul : des sondes qui effectuent des mesures en continu et transmettent un débit de dose global. Ces appareils ne font donc plus, comme précédemment, des prélèvements pour compter des désintégrations (évaluées en becquerel) mais renseignent sur l’impact du rayonnement gamma, exprimé en nanosievert par heure. Cette précision au milliardième s’avère précieuse en période de vigilance, comme au printemps 2011, après le séisme de Fukushima. En cas de mesures inhabituelles, la recherche et l’analyse des isotopes (iode 131) par spectrométrie, permet d’identifier l’élément responsable de cette dose dans le volume proche de la sonde. Une simple activité orageuse peut, en effet, modifier la radioactivité.

Les résultats de la surveillance sont disponibles en direct (pour le rayonnement gamma) sur le site www.atmo-npdc.fr. Tous les six mois, les autres analyses seront téléchargeables, un bilan commenté étant publié annuellement. Mais que les anxieux se rassurent : les rayonnements sont d’une grande stabilité. Reste que le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) Pierre-Franck Chevet n’écarte pas la possibilité qu’un accident de type Fukushima puisse survenir un jour en Europe.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ

(1) Au 1er janvier 2017, Atmo Nord-Pas-de-Calais fusionnera avec Atmo Picardie pour donner naissance à Atmo France.

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X