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ATELIER ÉGOÏNE : QUI DESSINE, CONSTRUIT

Mots clés : Architecte

Pierre Gourvennec et Léopold Mazoyer font partie de cette jeune génération d’architectes désireux de se frotter au réel, à la matière et aux outils qui façonnent l’espace. Pour satisfaire leur besoin d’action, ils ont fondé Egoïne, une entreprise d’agencement où celui qui dessine est celui qui fait, et c’est « en résidence » qu’ils mènent leurs chantiers.

Deux lits de camp, un réchaud, une cafetière qui fume et les voix de France Inter entre deux découpes de bois. Trois jours que les architectes Pierre Gourvennec et Léopold Mazoyer ont installé leur campement dans une petite maison de la région bordelaise, tout juste livrée par un confrère. Il n’y a pas de cuisine, pas de meuble de salle de bains ni d’armoire dans les chambres. Il leur faudra trois semaines pour tout installer. Dès l’aurore, le campement redevient chantier, et l’établi navigue toute la journée entre le salon et la terrasse. Concentrés, Pierre et Léopold se répartissent les tâches : l’un ajuste les portes des placards dégrossies en atelier pendant que l’autre harmonise au millimètre près les joints creux ; l’un biseaute les arêtes pendant que l’autre prépare les chevilles qui camoufleront les fixations des placages. Le chantier « en résidence » sera entrecoupé d’allers-retours dans l’atelier-entrepôt acheté il y a deux ans dans le Cher, à Henrichemont, pour charger le contreplaqué de bouleau nécessaire à la construction de toutes les pièces de mobilier imaginées. Dessiner et réaliser, l’un ne va pas sans l’autre pour Egoïne, l’entreprise d’agencement qu’ils ont créée en 2016, quatre ans après avoir soutenu leur diplôme à l’Ensa de Paris- Malaquais. Parce que la pratique conventionnelle du métier en agence n’assure pas cette maîtrise complète de l’œuvre, c’est par l’échelle plus accessible du mobilier qu’ils se lancent. Baptisée du nom de cette scie garnie de dents triangulaires indispensable aux artisans, Egoïne s’éloigne volontairement de l’abstraction du dessin d’architecture – devenue...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 262 du 14/09/2017
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