Enjeux

Ascenseurs pour grues : ça va coincer

Mots clés : Ascenseur - Matériel - Equipement de chantier

Les cabines des grues à tour de plus de 30 m devront disposer d’un accès motorisé dès 2017.

Le Comité technique national des industries du bâtiment et des travaux publics, organisme paritaire consulté par l’Assurance maladie, a maintenu la date butoir d’installation des ascenseurs dans les grues à tour d’une hauteur supérieure à 30 m, à savoir le 1er janvier 2017. Une demande d’aménager ce calendrier a été rejetée par un vote. L’argument : la recommandation R.459 qui introduit cette obligation a été adoptée en 2011. Les entreprises avaient donc six ans pour se mettre en conformité, un délai jugé raisonnable. Sauf que « personne ne pourra être prêt à temps. Les fabricants de matériels ne proposent des solutions que depuis cette année. Et encore ! Pas pour toutes les mâtures ! » prévient Raymond Sailly, directeur matériel chez Bouygues Construction. Car – et c’est une première – en 2011, le matériel préconisé n’existait pas encore. Seuls étaient alors disponibles des ascenseurs extérieurs, qui s’installent sur la grue a posteriori et posent des problèmes d’ordres technique (ils modifient les notes de calcul et la prise au vent de la grue), sécuritaire (leur installation est une opération délicate) et normatif (une fois installés l’un sur l’autre, grue et ascenseur perdent leur certification individuelle ; c’est le nouvel ensemble qui doit être certifié).

Ascenseur interne.

La meilleure solution consiste en un ascenseur glissé à l’intérieur de la mâture et qui s’installe en même temps que la grue. « Nous n’avons pas chômé. Il a fallu beaucoup travailler avec les industriels pour trouver des solutions techniques et les valider », explique Raymond Sailly. Ces recherches ont débouché sur les premiers prototypes en 2015. La fabrication de produits aboutis commence à peine, et encore, pas pour toutes les marques : Liebherr et Potain sont au point, mais Terex et Raimondi n’ont encore rien présenté…

Une autre solution aurait permis de trancher le nœud gordien : piloter la grue à partir d’une radiocommande. Mais la recommandation R.459 elle-même s’y oppose. A juste titre, selon Didier Brosse, président de l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre (UMGO) : « La radiocommande ne résout pas le problème, car elle met l’opérateur dans une situation dangereuse. Où est-il le plus en sécurité ? Là-haut, assis dans sa cabine, ou en bas, sur le chantier, à piloter sa grue le nez en l’air sans regarder où il met les pieds ? »
C’est donc l’ascenseur interne, et rien d’autre, qui peut répondre à la recommandation, mais pas le 1er janvier 2017. Le sujet sera de nouveau débattu lors d’un nouveau vote prévu pour le mois d’octobre prochain. Espérons que, cette fois, le principe de réalité prévaudra.

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ENCADRE

4 000 grues en activité en France
85 % des grues concernées
40 000 € Prix d’un ascenseur interne

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