Dossier

ARTS PLASTIQUES ET ARCHITECTURE, UN DIALOGUE ENFIN RENOUÉ ?

Mots clés : Architecture - Manifestations culturelles

Le plafond de Pipilotti Rist au dernier étage de la tour du Sofitel de Vienne réalisée par Jean Nouvel ; l’enveloppe de la fondation Vuitton de Franck Gehry aux couleurs de Daniel Buren ; la polychromie des panneaux de verre de la salle de concert Harpa en Islande (Prix Mies Van der Rohe, 2013), fruit d’une collaboration entre l’artiste Olafur Eliasson et l’architecte danois Henning Larsen… autant de témoignages prestigieux de rencontres entre l’architecture, les arts plastiques et leurs auteurs.

Herzog & de Meuron ont toujours cultivé cette démarche collaborative avec des artistes comme Rémy Zaugg, Joseph Beuys ou le très polyvalent Ai Weiwei, conseiller artistique pour le stade de Pékin. Et une sculpture d’Anish Kapoor s’invite aujourd’hui au pied de la tour qu’ils livrent à New York.

La synthèse des arts fait depuis longtemps débat. Si certains architectes la recherchent, d’autres estiment que les artistes sont plus libres dans l’espace public. L’architecture répondant à une fonction, à un usage, une synthèse avec d’autres expressions artistiques peut-elle intervenir ailleurs que dans des monuments à vocation spirituelle ? Libérée de toute contingence, l’œuvre d’art invite à d’autres questionnements : doit-elle se fondre jusqu’à disparaître dans l’architecture ou s’y imposer, quitte à prendre le dessus ? Les cathédrales nous offrent la quintessence de l’union de tous les arts, fruit du travail de différents artistes. Mais pour la Sagrada Familia ou la Casa Batllo à Barcelone, les interventions artistiques et architecturales sont, à l’inverse, l’œuvre d’un unique créateur, Gaudi.

Explorations transdisciplinaires

Le XXe siècle a fourni quantité de créateurs qui ont œuvré au rapprochement de l’art et de l’architecture : les Hollandais Théo Van Doesburg, Piet Mondrian, Gerrit Rietveld ; les Allemands Walter Gropius, Mies Van der Rohe, Josef Albers ; le Hongrois Laszlo Moholy-Nagy, l’Espagnol José Luis Sert, les Français Le Corbusier, Robert Mallet-Stevens, Jean Arp, Jean Dubuffet, François Stalhy, André Bloc, Jean Dewasne ou Bernard Zehrfuss, François Morellet poursuivant cette voie jusqu’à ces dernières années. De Stijl en Hollande, le Bauhaus en Allemagne puis aux Etats-Unis, l’Union des artistes modernes (UAM) et le groupe Espace en France ont réuni les talents de multiples disciplines et démontré que l’architecture moderne, y compris domestique ou industrielle, peut s’enrichir d’une telle démarche.

Dans les années 1950, les commandes emblématiques à des artistes de renommée internationale pour le siège parisien de l’Unesco (Zehrfuss, Breuer, Nervi, arch.) ont valeur d’exemple. Si le dialogue fut fertile avec une partie des artistes, les architectes ne découvrirent certains d’entre eux qu’au stade de la livraison. Aujourd’hui, les sculptures de Moore et Calder demeurent, sur un sol qui n’est plus...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 259 du 18/04/2017
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