Dossier

Architecture et promotion privée : Je t’aime, moi non plus

Mots clés : Architecture

Après l’architecture haussmannienne, après les beaux immeubles d’avant-guerre de Michel Roux Spitz ou Jean Ginsberg, après les grands logements à balcons filants des années 1960 et 1970, la promotion privée s’est contenté d’attirer le chaland par des avatars modernistes ou néohaussmanniens en centre-ville, ou par des constructions enduites bon marché en zones périurbaines.

Des exemples récents montrent cependant qu’une évolution est en cours, notamment dans les grandes agglomérations. « Lorsqu’elles maîtrisent le foncier, les villes indiquent désormais aux promoteurs leurs exigences en matière d’architecture. C’est un appel d’air en termes de commande, mais l’architecte est un peu vampirisé », reconnaît Emmanuel Combarel, qui s’est tourné dès 2003 vers la commande privée. « Avec un maître d’ouvrage intéressant, le dialogue qui s’instaure dès la conception constitue un avantage par rapport aux concours publics. C’est le cas à Arcueil avec Nexity [lire p. 60], et à Paris, où nous créons avec Ogic des logements singuliers dans un ancien couvent du VIIe arrondissement. » Un point de vue partagé par l’agence -Brochet-Lajus-Pueyo, avec Bouygues Immobilier pour le quartier Ginko à Bordeaux, l’immeuble Baïopolis à Bayonne, ou avec Nacarat à Rouen.

D’autres architectes issus de la commande publique réintroduisent chez les promoteurs des immeubles à balcons filants, performants dans leur insertion et leur rationalité constructive. Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart en témoignent avec 270 logements pour DBS (Nexity mandataire) face à l’île Seguin à Boulogne-Billancourt(lire AMC n°244, septembre 2015). Vitrées, linéaires et protégées du soleil par le débord des balcons, les façades sont scandées par la trame de baies répétitives. Leurs bandeaux de parement vert d’eau accompagnent -l’horizontalité de la Seine et une seconde peau installe une profondeur intermédiaire prolongeant l’intérieur. Les sous-faces réfléchissantes des balcons font oublier la hauteur de plafond relativement faible (2,48 m) des étages standard. « Les normes d’accessibilité, les droits à construire et les coûts fonciers pénalisent le logement et tendent à en réduire la superficie, relèvent les architectes. Un promoteur ne lance un chantier qu’après avoir vendu sur plan la moitié des logements. Aussi des typologies assez conventionnelles censées rassurer les acheteurs nous sont-elles imposées. Le large balcon filant des logements de Boulogne-Billancourt, avec sa double peau représente, dans ce contexte, un plus appréciable : non compris dans la Shon et hors des ratios de surface constructible, il offre une extension des espaces intérieurs et participe à l’isolation en hiver. »

Missions tronçonnées

Pour le promoteur, le choix d’un architecte peut...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 251 du 18/05/2016
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