Territoires Habitat social

« Aquitanis bouscule les codes du logement collectif »

Mots clés : Bâtiment d’habitation collectif - Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

Bernard Blanc, directeur général d’Aquitanis, office public d’habitat social de la métropole bordelaise.

Aquitanis avec sa filiale d’accession Axanis se démarque par une stratégie d’innovation et de recherche d’un habitat évolutif et appropriable par ses habitants. La synergie avec la SA HLM Mésolia élargit sa politique foncière.

L’innovation est-elle au cœur de la stratégie d’Aquitanis ?

Tout est parti de cette interrogation : comment nous différencier, dans un territoire dynamique et concurrentiel, où bailleurs sociaux et promoteurs produisent des milliers de logements très standardisés ? Pour qu’un organisme de cette taille (19 000 logements gérés) soit repérable dans ce marché, il fallait faire un pas de côté, réinventer avec modestie un habitat qui bouscule les codes du logement collectif. Avec Lacaton-Vassal à Bordeaux Grand Parc, dans l’opération GHI, nous avons ajouté à chaque logement un jardin d’hiver en façade, qui n’a pas d’affectation fonctionnelle mais amplifie le logement pour un coût bien inférieur à une reconstruction, forcément limitée en hauteur (R + 4) et en densité par le PLU. On a ainsi 530 logements agrandis, ce qui est sans équivalent sur notre territoire métropolitain.

Vous avez développé un système constructif en bois ?

Depuis cinq ans, nous avons créé un système constructif utilisant en partie le pin des Landes, Sylvania, développé avec l’industriel Egeris et les architectes de l’Atelier provisoire. Cinq cents logements bois sont sortis, largement préfabriqués.
La seconde génération, Sylvanéo, associe le bailleur Mésolia, et permet d’aller encore plus loin dans le système constructif, en intégrant à la dimension industrielle une composante participative à la mesure de nos locataires et accédants. Nous allons doubler ainsi cette production bois qui correspond, pour Aquitanis, à 20 % de son développement.

Comment construire autrement ?

Les projets Locus Solus et VIM révolutionnent nos habitudes : dès la conception, nous avons associé les futurs occupants à la conception d’un bâtiment frugal, sans aucune technologie embarquée (de type ventilation double flux), mais qui offre de multiples possibilités sur une trame simple, avec, en plus, soit une ferme urbaine, soit un jardin partagé généreux, pour y développer par exemple le maraîchage. Les habitants peuvent être formés pour participer à la finition de leur logement, partition et montage de cloisons par exemple. On allie ainsi compétence des habitants, habitat essentiel et culture de la nature en ville pour un habitat frugal et écologique, le contraire d’un bâtiment intelligent. Dans plusieurs opérations, nous transformons les abords en jardin partagé.

Vous vous rapprochez également de l’entreprise sociale pour l’habitat Mésolia.

Dans un jeu concurrentiel, le premier élément est la compétition pour les acquisitions foncières. Avec Emmanuel Picard, directeur de Mésolia, nous avons décidé de mettre en commun la prospection foncière, mais aussi la relation clients (15 salariés à temps plein), et nous réfléchissons à partager notre compétence de syndic. Nous avons créé une structure juridique de coopération Coopairs, qui sera opérationnelle en septembre.

Où en sont vos opérations sur Bègles et Biganos ?

Aux Sècheries à Bègles, nous allons réaliser un parc habité de six hectares, sans voiture, avec un parking silo. En qualité d’aménageur, nous avons élaboré avec la Ville de Bègles et Bordeaux Métropole un « cahier fondateur » qui fixe pour tous les opérateurs la qualité attendue des logements… Avec notre filiale d’accession Axanis et les promoteurs, nous visons des logements plus grands, avec terrasse, et un prix maîtrisé entre 2 550 euros/m2 TTC en TVA réduite et 2 850 euros TTC/m2 hors parking, en TVA pleine avec Bouygues Immobilier. Et un engagement de limiter la défiscalisation sur les logements privés. A Biganos, nous allons réactiver, d’ici à la fin 2016, la production de briques avec un industriel local pour la construction en terre crue et cuite d’une centaine de logements. Une approche écologique qui utilise les ressources locales du bois des Landes toutes proches et de la culture en briques, qui s’était perdue mais fait partie intégrante de l’histoire de Biganos.

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Mandataire de la ZAC Bastide Niel

« Quand la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a lancé l’appel à concurrence sur la ZAC Bastide Niel, nous avons pensé qu’il fallait regrouper les locaux (Domofrance, Aquitanis et BMA) pour faire face aux gros aménageurs nationaux : nous avons créé une SAS Bastide Niel, codirigée par les trois directeurs. Aquitanis a pris la compétence de commercialisation des lots aux promoteurs. La ZAC prévoit 3 400 logements, dont 1 000 logements sociaux. Nous avons attribué le premier îlot Tête noire au groupe Launay, avec Duncan Lewis Scape Architecture, et un deuxième îlot au groupe Pichet, avec Winy Maas (MRDV). Notre premier îlot de 60-80 logements sociaux et 3 000 m2 d’activité va être attribué en juin. Le timing est identique pour les 120 logements que Domofrance réalise également à côté de Darwin et qui seront attribués avant l’été pour un démarrage en 2017. »

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