Territoires Bordeaux

Aquitanis amorce un programme de locatif social évolutif

Comment construire en secteur inondable du logement social de qualité, à bas coût, évolutif, sur un terrain situé entre des échoppes traditionnelles et des immeubles de l’après-guerre ? L’Atelier Provisoire (Bordeaux) va réaliser pour Aquitanis une opération absolument unique. Nom de code : Vivre à sa mesure (VIM). Laurent Vilette, architecte cofondateur de l’Atelier Provisoire, nous explique sa démarche : « Le départ, c’est l’opération voisine d’Echop’, 18 maisons mitoyennes à ossature bois, que nous avions réalisée pour Aquitanis et qui avait été primée par les derniers prix d’Agora. » Entre-temps, la révision du plan d’inondabilité a fait remonter la cote de 50 cm à 1,30 m. Une contrainte que les architectes ont utilisée pour innover : « Plutôt que de perdre un demi-niveau inondable, autant bâtir un niveau entier, utilisable sous pilotis, dans lequel on pourra inventer des usages informels qui ne craignent pas l’inondation annuelle : parking pour voitures, abris de jardin, remise de bricolage, etc. »

Un plateau libre de 82 m2.

La démarche se prolonge par un dialogue avec le maître d’ouvrage qui souhaite aborder la notion d’évolution dans le logement lui-même. « A partir de là, nous avons proposé un cloisonnement qui ne serait pas déterminé en amont, mais laissé à la libre interprétation du locataire, sur une base fixe. » Si la démarche commence à se faire jour dans les programmes d’accession, il s’agit d’un cas unique dans le locatif social : « Notre rôle est de déterminer un système de cloisonnement ouvert sur un plateau libre de 82 m2, précise Laurent Vilette. Le locataire peut choisir la partition : louer un loft, un 2 ou 3-pièces, il existe 270 combinaisons avec une grille basique. » La singularité du VIM est là. Certes, l’architecte prévoit des contraintes fixes pour les pièces d’eau, avec deux gaines techniques équipées par plateau. « Mais nous restons dans un système élémentaire très modulable : pas d’électricité dans les cloisons, toute la filerie est ramenée sur les parois fixes périphériques et les refends. Cela permet de cloisonner comme l’on veut : chaque cloison en peuplier blond sur ossature bois est démontable. Sans démolir, le locataire peut déplacer ses cloisons, et les repositionner pour diviser les pièces au rythme de l’évolution de ses besoins. Seule contrainte : des lisses en bois fixées au plafond déterminent les grilles possibles. Une structuration simple avec 12 éléments et 3 emplacements de cuisine. Cela donne 270 solutions. » Le terme d’évolutivité n’est ici pas galvaudé : « Ce sont des cloisons élémentaires que tout artisan peut faire, aux performances équivalentes au placo. Lorsque le cloisonnement est décidé, après discussion avec le locataire, nous rapportons au sol les lisses en bois. » Le sol souple type PVC file sur tout le plateau. « Nous estimons que la rotation des cloisons, par exemple avec la naissance d’un enfant, se fera plutôt dans l’ajout que dans le démontage. Le système de plateau béton poteau-poutre étant répétitif, ce que nous économisons sur ce poste nous permet de proposer des fenêtres en bois. »

Atelier Provisoire a notamment travaillé sur la situation du projet, par un travail sur la volumétrie, les toitures voisines. Le rez-de-chaussée informel donne sur un grand jardin collectif, en arrière, dont les locataires pourront choisir l’usage (potager, plantation). En attique, des duplex bénéficient d’une terrasse privative de 50 m2, mais l’autre partie restera collective. Des maquettes au 20e permettent aux locataires de choisir leur disposition. « VIM est un projet d’habitat raisonné par l’intérieur, qui s’adapte et peut évoluer. » Eiffage Construction, en entreprise générale, devrait livrer le clos couvert d’ici à la fin 2016. Puis interviendront les cloisonnements.

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Tenir compte des attentes des occupants

Situées entre les immeubles de logements collectifs et les maisons de ville de La Benauge, les 18 maisons mitoyennes du programme VIM proposent une nouvelle façon d’habiter pour des locataires sociaux « participants ». Pour Bernard Blanc, directeur général d’Aquitanis, « VIM s’inscrit dans notre stratégie de redéfinition de notre offre qui doit correspondre aux nouvelles attentes sociétales. Pour nous, elles s’articulent autour de trois dimensions que chaque nouveau projet dit ‘‘ singulier ’’ doit porter en tout ou partie. La compétence habitante : le logement est à la main des futurs occupants qui participent de la conception du projet. L’habitat essentiel : le bâtiment est ‘‘ frugal ’’, son empreinte écologique est maîtrisée ainsi que son coût global. La culture de la nature : l’en-commun se réalise autour du maraîchage dans un jardin partagé. VIM tient ses trois dimensions. 50 % de notre production doit maintenant entrer dans cette vision des lieux habités. »

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