Régions

Aquitaine La fédération du bâtiment appelle à la raison et à la vigilance sur les prix

Mots clés : Apprentissages - Collectivités locales - Conjoncture économique - Innovations

Plus encore que le repli de l’activité, ce sont les baisses de prix et les rabais consentis par les entreprises qui risquent de fragiliser toute une profession. La FFB Aquitaine tire la sonnette d’alarme, et propose une sortie de crise par l’innovation, la formation et des prix justes.

Dans l’enquête réalisée en mai dernier par la fédération française du bâtiment (FFB) en Aquitaine auprès de 200 entreprises, 68,2 % d’entre elles indiquent des baisses d’activité dans le logement social et 89 % dans la promotion immobilière. Ces chiffres n’empêchent pas les représentants de la profession de regarder vers l’avenir. « Longtemps laissée pour compte, l’Aquitaine voit apparaître des opérations d’envergure. L’autoroute A65 va notamment irriguer le territoire : de nouveaux pôles d’activités vont sortir le long de la nouvelle infrastructure. Quant à la LGV (ligne à grande vitesse) Tours-Bordeaux, elle présage de bonnes opportunités pour l’avenir », considère Philippe Moulia, délégué régional d’EGF-BTP Aquitaine.

Selon ce dernier, la profession a également la chance de connaître un marché dont la baisse d’activité demeure modérée (-5 à -10 %) par rapport à la moyenne nationale (-30 %).

« Les deux tiers des entreprises jugent leurs activités en baisse. Cependant, les carnets de commandes restent satisfaisants, situés entre quatre et cinq mois », renchérit Michel Cisilotto, vice-président du conseil économique et social régional et ancien président de la FFB 33.

Chute des prix préoccupante

En attendant, la chute des prix demeure préoccupante. Des marchés auraient été traités à -20 % de l’enveloppe du client. « Ce niveau de prise de commandes nous inquiète car il va fragiliser la structure de l’entreprise et dégrader sa trésorerie. Cela sera préjudiciable à l’emploi, sans compter les risques de malfaçon pour les maîtres d’ouvrage », déclare Jean Soulé-Dupuy, vice-président de la fédération régionale du bâtiment. « Nous avons formé des jeunes pour avoir une main-d’œuvre de qualité, soyons attentifs à ne pas perdre ces nouvelles recrues. C’est à l’occasion d’une baisse d’activité qu’il faut former et faire évoluer les professions vers les nouvelles énergies et les nouveaux modes de construction », ajoute Francis Lafaye, président de la fédération départementale du bâtiment en Dordogne.

Pour le moment, l’impact de la crise sur l’emploi se limite à l’intérim. Selon l’enquête réalisée en mai en 2009 par la FFB Aquitaine, seules 11 % des entreprises interrogées envisagent de recourir au chômage partiel.

Dans ce contexte de recul d’activité, dans le neuf notamment, la profession accueille favorablement l’engagement des collectivités territoriales à réduire les délais de paiement comme l’a fait le conseil régional d’Aquitaine en signant en juin une charte des bonnes pratiques. La profession, en pleine mutation technique et technologique, se prépare aussi à saisir l’opportunité du Grenelle de l’environnement et des rénovations énergétiques.

« Aujourd’hui, on ne peut pas être optimiste. Je ne crois pas à la reprise avant fin 2010. Mais il faut continuer de se battre, tout en gardant la raison : c’est-à-dire rester sur nos bases et ne pas céder aux phénomènes de mode. Je m’inquiète aussi pour les très petites entreprises qui n’ont pas les moyens financiers d’innover », conclut Jean-Paul Goubie, président de la fédération régionale du bâtiment.

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L'investissement public maintenu

Lors de sa dernière assemblée, le 8 septembre, la cellule économique d’Aquitaine, présidée par Bernard Hudrisier (Vinci), a présenté une note de conjoncture relativement optimiste quant aux investissements prévisionnels des collectivités locales aquitaines : d’après la nouvelle grille d’analyse interministérielle « infocentre », ils s’établissaient à 2,3 milliards d’euros réalisés en 2008 pour l’Aquitaine et atteindraient 3,4 milliards cette année. Il s’agit de montants prévisionnels cumulant budgets primitifs, annexes et décisions modificatives des collectivités locales jusqu’au 31 mai 2009. Ainsi, la Gironde pourrait compter sur 1 186 milliards d’euros d’investissements publics, les Pyrénées-Atlantiques sur 708 millions, les Landes sur 468 millions, la Dordogne sur 479 millions et le Lot-et-Garonne sur 333 millions.

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